La ministre de la Santé Marisol Touraine semble ouvrir la voie à un régime maladie universel, reconnaissant au passage une « difficulté à faire valoir ses droits ». La MSA serait favorable à cette évolution, mais souligne les nécessaires adaptations techniques à mettre en place.
En octobre 2015, la Sécurité sociale fêtera ses 70 ans. A l'occasion du lancement des manifestations de cet anniversaire, Marisol Touraine a déclaré ce mardi 5 mai vouloir « engager (…) une réflexion qui pourrait déboucher, à terme, sur un régime maladie universel ». Reconnaissant qu'il est « parfois compliqué de faire valoir ses droits », la ministre des Affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, souhaite « travailler à une simplification radicale de la couverture des soins ». Son objectif : permettre à chacun de « bénéficier d'une couverture qui le suit véritablement tout au long de sa vie ».
Elle a également annoncé qu'elle demanderait aux différentes caisses nationales, dont la MSA, de lui faire des propositions afin que « ressorte mieux l'appartenance de leur réseau à la famille commune de Sécurité sociale ».
La MSA accueille favorablement le discours de Marisol Touraine, à condition de trouver les solutions techniques pour mettre en œuvre efficacement les intentions de la ministre.
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Gérard Pelhâte, président de la MSA, abonde dans le sens de la ministre lorsqu'elle évoque la « famille » de la Sécurité sociale. « La MSA est prête à le montrer, par le biais d'une signature ou d'un logo communs par exemple ».
Sur la question du régime maladie universel, les tenants et aboutissants sont plus complexes. Pour Gérard Pelhâte, l'idée de choisir sa caisse d'assurance maladie n'est pas absurde, au contraire. « La MSA pourrait constituer l'interlocuteur idéal des populations en milieu rural ». Elle pourrait d'ailleurs prendre à son compte les missions de l'assurance maladie et des caisses d'allocations familiales. « Pour autant, il faut bien faire la différence entre les cotisations, qui doivent être versées à la caisse adaptée – en fonction de l'activité professionnelle – et le rattachement à un interlocuteur unique ». Selon le président de la MSA, pour permettre un tel fonctionnement, il est essentiel que les trois caisses, MSA, RSI (Régime social des indépendants) et CNAM (Caisse nationale de l'assurance maladie) disposent d'un fonds commun.
Si Gérard Pelhâte estime louables les intentions de la ministre qui défend une couverture à vie « pour sécuriser les droits sociaux », il n'oublie pas qu'un régime unique n'est probablement pas qu'une ambition humaniste : « Choisir une caisse et la garder à vie, c'est aussi faire des économies de gestion en évitant les frais engendrés par les changements de régimes ».