La volonté de la Région Bretagne de gérer l’intégralité des crédits de la prochaine Pac sur les premier et second piliers au titre de la différenciation fait débat.
Le porte-parole de la Confédération paysanne de Bretagne, Jean-Marc Thomas, juge tout à fait positif cette orientation qui « conforte le lien entre la Région et son territoire » et « sanctuarise le budget de la Pac pour la Bretagne sur la période 2023-2030 ». Il souscrit d’ailleurs aux propositions de la Région Bretagne, au titre du premier pilier, de plafonner entre 20 000 et 30 000 euros les aides directes à l’actif, de fixer une aide directe forfaitaire minimale aux petites exploitations – il souhaite « 5 000 euros par actif » –, de renforcer le paiement redistributif pour « le remettre à 150 euros pour chacun des 52 premiers hectares contre 50 euros actuellement », etc. Sur le second pilier, Jean-Marc Thomas se félicite de la demande de la Bretagne de transférer des crédits du premier au second pilier pour stimuler les mesures d’agroécologie. « Nous souhaitons qu’en plus des aides à la conversion, des aides aux nouveaux convertis pour qu’ils restent dans leur nouveau système soient instituées. »
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Le son de cloche est différent quand on écoute le président de la FRSEA de Bretagne. Thierry Coué ne rejette pas en bloc l’orientation de la Région vers plus d’agroécologie. « S’il s’agit de sécuriser les exploitations par de nouveaux équipements pour faire face aux conséquences du réchauffement climatique, pas de problème, dit-il. Mais il faut que le projet accompagne tous les modes d’élevage et pas que les signes de qualité. » Par contre, ce à quoi Thierry Coué s’oppose, c’est le rythme des réformes proposées sans avoir de garanties sur le budget nécessaire pour y parvenir. « On l’a vu avec les MAEC sur l’actuelle programmation. Il y a eu une rupture d’approvisionnement (financier) en cours de route. » Il ne veut pas non plus de transfert du premier vers le second pilier qui « risquerait de déstabiliser encore plus les exploitations ». Thierry Coué se méfie « des exigences velléitaires » inscrites dans le document de la Région (« Osons la régionalisation de la PAC en Bretagne »). Son travail d’élaboration réalisé par tous les syndicats et toutes les familles professionnelles s’est passé « en coresponsabilité. Il ne faudrait pas que l’écrit dépasse l’oral ».
Une option qui « sanctuarise le budget de la Pac pour la Bretagne »