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Porcs Regroupement stratégique de la production porcine française

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La création d’une nouvelle coopérative, Porc Armor évolution (1,8 million de porcs), a été officialisée le 16 décembre, à Pont-Péan. Depuis quelques années, la concentration des organisations de producteurs s’accélère. Cette concentration s’opère par des regroupements « stratégiques » et par une mutualisation des moyens de production.

«En massifiant les moyens, on réalise des économies d’échelle », a expliqué Michel Bellaird, futur président de Porc Armor Evolution, lors d’une conférence de presse, le 16 décembre à Pont-Péan. A partir du 1er janvier 2012, la nouvelle coopérative Porc Armor Evolution (1,8 million de porcs), issue de la fusion de Porc Armor et de Cofiporc, entrera dans le cercle de plus en plus restreint des organisations de producteurs en Bretagne. En quelques années, leur nombre est passé de 18 à 10, 49% de la production nationale est assurée par quatre groupements : Cooperl (22%), Aveltis (12%), Prestor (8%) et Porc Armor évolution (7%). En France, 25 millions de porcs charcutiers sont produits chaque année. « 80% de la production de porcs est concentrée sur la zone Uniporc », a expliqué André Bloc’h, futur directeur de Porc Armor Evolution, le 16 décembre lors d’une conférence de presse à Pont-Péan.

Des regroupements stratégiques

« Les organisations de producteurs regroupent les structures qui ont une stratégie commune et des valeurs communes », souligne Jacques Crolais, directeur de l’UGPVB (union des groupements de producteurs de viande de Bretagne). Selon lui, les organisations de producteurs ont globalement trois stratégies avec un objectif commun : l’optimisation de la production. Il y a celles qui concentrent leurs moyens en amont de la filière : leur stratégie passe par l’amélioration des performances techniques, économiques et de gestion des élevages. Il y a celles qui font des investissements de filière (intrants, production, abattage) : leur stratégie est de capter de la marge en aval pour les éleveurs. Entre les deux, il y a les coopératives « intermédiaires » qui massifient la production et multiplient les débouchés. Elles peuvent avoir des parts dans des abattoirs, mais travaillent aussi avec le MPB (marché du porc breton).

Multiplication des compétences

« Un des effets de la fusion est de proposer plus de compétences », a précisé André Bloc’h, actuel directeur de Porc Armor à Pont-Péan le 16 décembre. Quelles que soient leurs stratégies, en se regroupant, les coopératives recherchent une plus grande efficacité pour mieux accompagner les producteurs. Cette multiplication des compétences s’accompagne d’un élargissement de la zone géographique couverte par les coopératives. « Il y a des réunions par secteur géographique. Cela permet de mesurer les attentes des adhérents », poursuit Jacques Crolais. Finalement, selon Michel Rieu, le directeur du pôle Economie de l’Ifip (institut technique du porc), « il est intéressant de se demander dans quelle(s) mesure(s) cette concentration des groupements est de nature à améliorer les deux limites majeures auxquelles sont confrontées les éleveurs », à savoir la modernisation des élevages et le rapport de force entre l’amont et l’aval de la filière.

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