Tant mieux si ce sont les Tchèques qui le disent plutôt que les Français (ceux-ci auraient encore été accusés d’être trop défenseurs de leur agriculture) : la Pac est peut-être un modèle pour lequel on aurait dû avoir quelques égards aujourd’hui plutôt que de la démanteler : c’est une politique commune et elle tente de réguler. Deux mots à l’ordre du jour des efforts européens pour tenter de juguler la crise. La lettre qu’ont réussi à signer ensemble Angela Merkel et Nicolas Sarkozy invoque très clairement ces deux notions. Au fond, il n’y a peut-être plus que quelques Anglo-Saxons irréductibles et la commissaire à l’agriculture elle-même pour croire encore mordicus à la libéralisation à tous crins des marchés. Jusqu’à refuser d’admettre l’évidence sur des marchés déboussolés comme celui du lait.
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Le vrai problème est, au fond, celui du financement. Comment réguler sans que cela coûte trop cher au contribuable et fasse naître des déficits publics ? En faisant payer ce coût aux opérateurs, en somme. Donc in fine aux consommateurs. C’est toute la notion d’interprofession, de contrat et de régulation privée, sous forme d’assurance, de fonds contra-cycliques et même de règles de mises en marché. Ce sont des outils que l’on connaît bien en France mais dans lesquels nos voisins européens n’ont jamais cru. Or, il est souvent préférable de miser sur la bonne entente des opérateurs et quelques règles de conduite que sur le fonctionnement pur et simple du marché. La crise financière est en train de nous l’apprendre.