Il ne faut pas se faire d’illusions. Alors que l’agriculture vit encore sur ce qui a été engrangé fin 2007 et début 2008 – le formidable développement des achats de machines agricoles en témoigne – les effets de la crise économique ne vont pas tarder à se manifester. Un peu moins de consommation de produits alimentaires, des baisses de prix de matières premières amplifiées, du crédit plus sélectif, de la concurrence plus rude de la part de nouveaux pays producteurs… tels sont les ingrédients d’un cocktail auquel il faut se préparer.

Il ne faut pas espérer, pour y faire face, plus d’intervention de la part des pouvoirs publics, français ou européens. Ce n’est pas parce qu’on évoque plus de régulation s’imposant à la finance qu’il faut croire que les politiques auront la même attitude vis-à-vis des marchés agricoles. Tous ceux qui comptent là-dessus se trompent. L’ardeur à libéraliser d’une Mariann Fischer Boel ne semble pas un instant troublée par la crise financière. Ni des pays du Nord ni des pays anglo-saxons n’apparaît le moindre signal favorable à une politique de régulation des marchés agricoles. Pire : plus il y aura de moyens budgétaires consacrés aux politiques financières et moins il y en aura pour d’autres.

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C’est en elle-même que l’agriculture devra trouver les parades à ces nouveaux risques. Elle n’a pas d’autre alternative que de mieux se regrouper, de plus investir dans ses outils et en aval des filières, de créer des outils financiers ou d’assurance pour réduire les risques, de développer de la valeur grâce à des produits innovants, capables d’être vendus plus chers ou de marquer la différence sur les marchés export. Si le monde agricole continue de croire que c’est la politique qui le sauvera, il court le risque d’être fortement déçu.