« Régulation » était devenu un gros mot dans les sphères qui gouvernent le monde. On y montrait du doigt le particularisme des politiques agricoles et la première à en avoir honte a été l’Europe. D’où la difficulté de Michel Barnier à se faire entendre de ses 26 collègues et surtout de la Commission, même dans l’intimité d’un conseil informel à Annecy. La présidence française risque de se terminer sans que n’ait été consolidé l’avenir de la PAC ni pérennisés les outils de gestion ou d’orientation des marchés. Même l’idée de stocks de sécurité continue de hérisser au plus haut point la commissaire Fisher Boel.
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Dans l’ambiance de krach qui agite le monde financier, l’idée de réguler (…et de policer) les mœurs comme les marchés fait au contraire son petit bonhomme de chemin. L’Europe – ou plutôt son porte-parole – a poussé un ouf de soulagement parce que l’Etat américain a choisi de sauver les banques. Mais l’Union, elle, n’est pas pour autant décidée à avoir une politique. On nous expliquait il n’y a pas si longtemps que la flambée des prix agricoles était plus néfaste pour la croissance que la crise des sub-primes… Encore une erreur de prospective car cela va mieux, pour un moment en tout cas, du côté des cours des produits de base (et même du pétrole !) que sur les marchés boursiers. Les spéculateurs n’ont plus tant d’argent que ça à miser, donc la détente peut intervenir sur les prix des denrées. Mais pour redémarrer la machine économique, et ainsi recréer de la confiance chez les actionnaires à l’égard des entreprises, c’est plus compliqué…