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OMC Relance des négociations à l’ordre du jour

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La Suède, qui exerce la présidence tournante de l’UE, est décidée à favoriser la reprise du cycle de Doha. C’est aussi l’intention de l’Inde qui va réunir les ministres du commerce d’une quarantaine de pays membres de l’OMC (1).

New Delhi doit accueillir les 3 et 4 septembre quelque 40 ministres du commerce afin, a expliqué le secrétaire indien au commerce, Rahul Khullar, d’évaluer les moyens de reprendre les pourparlers de l’OMC, et non pas de se concentrer sur « les questions de substance » qui bloquent ces négociations.
La ministre suédoise du commerce, Ewa Björling, dont le pays exerce actuellement la présidence de l’UE, relève pour sa part que plusieurs accords internationaux de libéralisation des échanges sont inscrits à son agenda pour l’automne (2), le plus important étant le cycle de Doha. « La situation a nettement changé depuis l’été dernier, estime-t-elle. Les pays de l’UE étaient, et sont encore, unis. Mais la crise économique a rendu chacun plus conscient de ce que signifie le protectionnisme et des implications qu’il peut avoir pour le commerce et la prospérité dans le monde. Cela peut être bénéfique pour le cycle de Doha et remettre les négociations sur les rails ».
Pour étayer ses propos, la ministre suédoise fait état d’estimations indiquant que, si le cycle de Doha se conclut dans de bonnes conditions, les citoyens de l’Union européenne seraient gagnants à concurrence de 200 euros chacun, conséquence d’une accélération du commerce mondial.
Les conséquences d’un accord pour la Chine
Si un accord intervenait à l’OMC sur la base des derniers projets de compromis, la Chine devrait abaisser d’environ un sixième le plafond de ses droits de douane agricoles, alors que, dans ce secteur, son marché est l’un des moins protégés parmi les pays en développement. Telle est la conclusion d’une étude d’un professeur de commerce international de l’Université d’agriculture de Chine, Tian Zhihong.
Les droits aux frontières chinoises, qui ont été réduits à l’issue des âpres négociations ayant abouti à l’adhésion du pays à l’OMC en 2001, équivalent déjà à seulement un quart de la moyenne mondiale, précise cet expert.
De plus, contrairement à la situation prévalant dans de nombreux autres pays en développement, l’écart entre les tarifs maximums pouvant être appliqués et les droits réellement perçus par la Chine est faible, ce qui implique qu’une réduction de ces plafonds se traduirait par une réduction réelle des droits effectifs.
Pékin s’en prend aux Etats-Unis...
L'OMC a décidé d'examiner la plainte de la Chine contre les Etats-Unis que Pékin accuse de « protectionnisme discriminatoire flagrant » en raison de la nouvelle loi de finances américaine datant de mars qui limite les importations américaines de volailles chinoises.
Les deux parties avaient réciproquement interrompu leurs importations de volailles en 2004, par crainte de propagation du virus de la grippe aviaire. La Chine a depuis repris les achats de certaines volailles américaines mais elle déplore que les Etats-Unis continuent de bloquer les importations sur leur territoire. Washington avait rejeté la plainte chinoise, arguant que sa position était « fondée sur une considération scientifique objective », en ligne avec les règles internationales.
La plainte de Pékin, déposée en avril, a ouvert dans un premier temps la voie à des consultations bilatérales. Aucun accord à l'amiable n'ayant été trouvé dans un délai de 60 jours, la Chine a donc saisi l'Organe de règlement des différends de l'OMC pour le charger d'arbitrer l'affaire.
... le Brésil aussi
Le Brésil compte demander la constitution d’un panel d’arbitrage de l’OMC à propos des mesures anti-duming appliquées par les Etats-Unis à ses exportations de jus d’orange, a annoncé le ministère brésilien des affaires étrangères.
Le Brésil est le plus grand exportateur mondial de jus d’orange (1,27 million de tonnes sur la campagne 2007/08). L’Europe absorbe plus de 60 % de ses produits, l’Amérique du Nord représentant une part de seulement 20 %, selon les entreprises du pays.
A l’OMC, Brasilia a déjà mis en cause avec succès les subventions américaines dans le secteur du coton et celles de l’UE pour le sucre.
(1) Voir n° 3214 du 03/08/09
(2) Voir même numéro

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