Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé le 5 décembre l’ancien président de la FNSEA Luc Guyau et ses sept co-prévenus, qui étaient soupçonnés d’avoir détourné 16 millions d’euros au profit de la FNSEA.
Si les magistrats ont reconnu des « dérives » dans le financement du monde agricole, ils ont relaxé les prévenus. Telle est la décision du tribunal, annoncée le 5 décembre, dans le cadre du procès Unigrains. Il a jugé irrecevables les constitutions de partie civile de l’Organisation des producteurs de grains (OPG) et de la Confédération paysanne. La FNSEA a aussitôt salué une décision « juste » et dénoncé l’attitude de ses concurrents syndicaux qui « ont voulu jeter le discrédit sur la gestion de la solidarité céréaliculteurs-éleveurs à leur seul profit médiatique ». Président de la Fop, Xavier Beulin estime qu’il s’agit « d’une nouvelle reconnaissance du bien-fondé de nos valeurs basées sur l’unité et la solidarité paysanne ».
Pour Unigrains, ce jugement montre que les actions menées « ont toujours été décidées en toute transparence, dans le respect absolu de l’esprit de la convention de cogestion et avec l’appui et le soutien constant des pouvoirs publics ».
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Coordination et Confédération déçues
« Critiquables mais pas condamnables ! », s’est étonnée, à l’inverse, la Confédération paysanne à l’annonce du jugement. Déplorant que les prévenus aient bénéficié de « la mansuétude du procureur », la Confédération « regrette que la justice n’ait pas saisi l’occasion de donner un coup d’arrêt aux systèmes de financements de la FNSEA ».
Pour sa part, la Coordination rurale estime « qu’il n’y a pas lieu de communiquer de manière triomphaliste sur la relaxe ». La Coordination souligne que le tribunal a évoqué « des dérives dont la plus inacceptable est le financement par le produit de la taxe des besoins de la FNSEA. » Elle considère également que si « l’infraction d’abus de biens sociaux n’est pas suffisamment caractérisée, cela signifie que l’infraction est partiellement caractérisée. » Le syndicat, qui avait porté plainte contre X, attendait d’avoir la décision dans son détail pour déterminer s’il faisait appel ou non.