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Commerce international  Remise à flot des négociations UE-Mercosur

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Au cours d’une rencontre Union européenne – Mercosur, le 2 septembre, ministres et commissaires des deux parties ont tenté de relancer les négociations entre les deux blocs. Après deux séries de discussions au niveau des experts, les ministres devraient se retrouver début 2006. Ils attendent de ces pourparlers des « progrès significatifs ».

Interrompues depuis octobre 2004, les négociations entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) ont été relancées au cours d’une rencontre au niveau ministériel, le 2 septembre, à Bruxelles. Les deux parties tentent de parvenir à un traité de libre échange « ambitieux et équilibré » qui permette de « renforcer les liens politiques, économiques et commerciaux et contribue à réduire les disparités économiques existantes entre les deux régions », ont rappelé les délégations.

« Préparer le terrain »

Pour aller de l’avant, les ministres du Mercosur le ministre de Affaires étrangères Uruguayen, Reinaldo Gargano Ostuni ; le ministre Argentin de l’Economie Roberto Lavagna ; Celso Amorim, ministre des Affaires étrangères brésilien, accompagné du ministre du développement, Luiz Fernando Furlan ; et Leila Rachid, la ministre des Affaires étrangères du Paraguay et trois commissaires représentant l’UE la commissaire chargé de relations extérieure et de la politique de voisinage, Benita Ferrero-Waldner ; le commissaire au commerce, Peter Mandelson et la commissaire à l’Agriculture Marian Fischer-Boel. se sont donné rendez-vous au début de l’année prochaine. D’ici là, ils demandent à leurs coordinateurs de « préparer le terrain » lors de deux réunions, l’une en novembre 2005 et la suivante, en février 2006. Ces pourparlers devront dégager les moyens « d’avancer sensiblement vers des résultats ambitieux et équilibrés ». Les milieux d’affaires devraient être mis à contribution pour y parvenir, font remarquer les ministres, dans un communiqué.

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Les pays du Mercosur, comme ils le font à l’OMC, continuent de réclamer la fin des restitutions à l’exportation. « Nous n’avons pas modifié notre position et nous ne le ferons pas », affirmait, il y a peu, un ministre paraguayen. Côté européen, l’Espagne et le Portugal demandent depuis le mois de juin qu’une « impulsion politique » nouvelle soit donnée aux négociations qui piétinent depuis 1999.

Les IAA « découragées » à l’export

Avant la rencontre, Peter Mandelson, le commissaire au Commerce soulignait que « le Mercosur est l’un des partenaires les plus importants pour l’UE. J’espère que (…) nous pourrons renforcer notre but commun (…) de créer la plus grande zone de libre échange dans le monde ». Et dans le secteur agroalimentaire, comme dans beaucoup d’autres, les échanges entre les deux blocs sont intenses mais très déséquilibrés. En 2004, l’Union européenne a importé plus de 8 milliards d’euros de produits alimentaires dont la moitié destinée à l’alimentation animale. En revanche, l’Union européenne a exporté pour seulement 473 millions d’euros de denrées. C’est là que se situe l’enjeu pour l’industrie européenne, souligne une lobbyiste. Qui déplore « les taxes mais surtout les tracasseries douanières et réglementaires qui découragent les exportateurs de travailler avec le Mercosur», regrette-t-elle.