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Lait Remontée des tensions sur le prix du lait

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Les payes pour la collecte de septembre reçues par les éleveurs laitiers laissent présager un prix moyen pour l’année bien au-dessous des indicateurs interprofessionnels, censés servir de référence. Des actions contre les laiteries ont été organisées fin octobre, d’autres pourraient suivre dans toute la France.

L’accalmie n’aura duré que quelques semaines. L’ensilage terminé et les factures annonçant leurs payes reçues, les éleveurs laitiers se sont aperçus que leurs laiteries avaient oublié quelques euros dans le compte. Leur réaction ne s’est pas faite attendre : mardi 29 octobre, à Serques dans le Pas-de-Calais, des éleveurs organisaient une conférence de presse pour dénoncer les prix pratiqués par Danone. Au même moment, des éleveurs laitiers bloquaient un camion Terrena à Angrie (Maine-et-Loire) qui collectait le lait d’un éleveur qui émarge chez Lactalis (les deux entreprises ont des accords de collecte).
 
Près de 30 euros de hausse pour 2013
Pourtant, le 10 octobre, les acteurs de la filière laitière avaient été réunis par le ministre de l’Agriculture pour remettre un peu d’ordre dans des relations commerciales tendues. Le médiateur des relations commerciales avait affirmé que les entreprises étaient tenues de respecter les contrats signés avec les producteurs, qui stipulent que le prix du lait doit prendre en compte les indicateurs interprofessionnels. Et que selon ces chiffres, la tendance pour l’année 2013 était un prix pour mille litres au moins 29 euros plus élevé que le prix moyen de 2012.
 
La mobilisation pourrait prendre de l’ampleur
Dans le Pas-de-Calais, les éleveurs accusent Danone de « récupérer » les 25 euros de hausse pour mille litres obtenus par le médiateur en avril 2012 pour que les éleveurs puissent faire face à l’augmentation du prix des matières premières. « On s’est fait rouler dans la farine », peste Charles Inglard, secrétaire du groupement de producteurs Danone Balleuil. Selon lui, le prix moyen devrait arriver à 25 euros de plus qu’en 2012. Soit au moins 5 euros de moins que les indicateurs interprofessionnels.
À Angrie, les éleveurs accusent aussi Lactalis de pratiquer des tarifs largement en dessous des indicateurs. « Sur l’année, Lactalis devrait payer 335 euros les mille litres, alors que les indicateurs s’orientent vers 346 euros », constate Sylvain Daury, animateur à la fédération départementale laitière du Maine-et-Loire. Soit une perte de 4 000 euros pour un élevage moyen de la région par rapports aux indicateurs, chiffre t-il. Un manque à gagner qui se prolongerait en 2014, lorsque le prix sera négocié à partir de la moyenne 2013, qui n’aura donc pas tenu compte de la flambée des cours mondiaux suite à une sécheresse en Nouvelle-Zélande et à une demande mondiale en hausse. « Et si Lactalis pratique ces prix, tous les autres vont suivre », craint Sylvain Daury. De nouvelles actions pourraient avoir lieu durant les prochaines semaines dans toute la France.

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