Comme ils l'avaient laissé entendre en avril, les dirigeants ont annoncé un fort recul des résultats pour l'exercice qui s'est achevé le 31 mars. Ils restent pour autant confiants sur les perspectives à moyen terme et anticipent une amélioration pour 2014/2015, grâce à la reprise des ventes en Chine.
SOUS l'effet d'une chute de ses ventes de cognac en Chine suite aux mesures anticorruption menées par Pékin, le groupe de vins et spiritueux a annoncé le 5 juin de mauvais résultats pour l'exercice 2013/2014 (clos le 31 mars). En ligne avec l'avertissement lancé en avril, son résultat opérationnel courant a baissé de 38,8 % à 150,2 millions d'euros. Ce recul « reflète l'effort de destockage en Chine, un mix géographique défavorable et le maintien d'une politique d'investissement soutenue derrière les marques et de renforcement du réseau », souligne le groupe dans un communiqué. De fait, sur la base d'un chiffre d'affaires de 1,03 milliard (-13,5 % en publié et - 10,7 % en organique), la marge opérationnelle tombe à 14,6 % (contre 20,6 % un an plus tôt). Le bénéfice net (part du groupe) fond de moitié à 62,4 millions. Le dividende proposé sera réduit à 1,27 (contre 1,40 euro en 2012/2013). « Sous l'effet notamment du maintien des investissements stratégiques et du programme de rachat d'actions pour 75,9 millions », précise le communiqué, la dette nette augmente de 148 millions sur un an, à 413,5 millions. Le ratio dette nette sur Ebitda passe à 2,09 fin mars 2014, contre 0,99 un an plus tôt, « mais reste dans le bas de la fourchette du secteur des spiritueux », indique encore le groupe.
LA FAMILLE NE COMPTE PAS SORTIR DU CAPITAL
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« Une année de transition », selon les dirigeants qui insistent sur la nécessité de garder une vision de long terme et restent convaincus de la « validité de la stratégie de positionnement haut de gamme poursuivie par la marque Rémy Martin ». Dans un environnement incertain en raison de la mutation du marché chinois des spiritueux et d'une économie faible en Europe de l'Ouest, le groupe reste confiant pour 2014/2015 et anticipe une croissance organique de son chiffre d'affaires et de son résultat opérationnel courant. Interrogé par Reuters sur les intentions des actionnaires familiaux, après des spéculations sur un intérêt supposé de l'américain Brown-Forman pour le groupe français, François Hériard Dubreuil qui préside le holding familial détenteur de plus de 60 % des droits de vote, a assuré qu'ils « n'étaient pas vendeurs ». Quelques jours après l'annonce de ses résultats annuels, le groupe a annoncé la nomination de Valérie Cha-poulaud-Floquet comme directrice générale déléguée de Rémy Cointreau. Cette dernière qui a travaillé pour L'Oréal et Louis Vuitton, « prendra ses fonctions mi-septembre et reportera à François Hériard Dubreuil, p.-d.g. de Rémy Cointreau », indique le communiqué.
L'agence de notation Fitch Ratings a abaissé la note de Rémy Cointreau de « BBB » à « BB+ », reléguant le groupe de spiritueux parmi les emprunteurs à risque. Cette « dégradation reflète la baisse significative des résultats annuels de Rémy Coin-treau, l'incertitude persistante entourant l'évolution de la demande de cognac haut de gamme en Chine et le poids du marketing et des opérations de promotion de ses autres liqueurs et spiritueux sur le résultat opérationnel », indique Fitch dans un communiqué. Cependant, la perspective de cette note est « stable », précise l'agence et laisse donc espérer « un retour à la croissance de Rémy Cointreau en 2015 », ajoute-t-elle.