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spiritueux/Acquisition Rémy Cointreau paie le prix fort pour le whisky Bruichladdich

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Le groupe français de spiritueux a réussi son entrée sur le marché des whiskys de haut de gamme en rachetant la distillerie écossaise Bruichladdich. Cela lui permet de compléter son portefeuille par un produit qui manquait à sa gamme et pourra s’appuyer sur le réseau de distribution mis en place pour les cognacs afin de s’affirmer sur les marchés en plein essor d’Asie. L’accord définitif devrait intervenir dans les six semaines à venir.

Rémy Cointreau, à travers sa filiale Rémy Cointreau UK Limited, annonce le 23 juillet la signature d’un accord en vue de l’acquisition de Bruichladdich Distillery Company Ltd, qui comprend le Single Malt scotch whisky Bruichladdich et ses actifs, basés à Islay (Ecosse). Le montant de la transaction s’élève à 58 millions £, dont 48 millions £ pour l’acquisition de la totalité du capital de Bruichladdich, auxquels s’ajoute une dette estimée à 10 millions £, précise le communiqué. Le montant de la transaction dépasse largement les premières estimations qui avaient été faites, tablant sur 25 à 35 millions £ (cf AgraAlimentation N° 2207 du 12 juillet 2012). C’est le prix le plus élevé jamais payé pour le rachat d’une distillerie, commente la presse écossaise. « L’acquisition de Bruichladdich, un Single Malt renommé d’Islay, bénéficiant d’un historique très riche, constitue pour Rémy Cointreau une excellente opportunité d’enrichir son portefeuille de marques haut de gamme et de réaffirmer sa stratégie, ancrée sur le segment des spiritueux de luxe », fait valoir Jean-Marie Laborde, directeur général de Rémy Cointreau.

Un segment en pleine expansion
Rémy Cointreau n’était pas seul sur les rangs, selon le directeur général de la distillerie écossaise, Mark Reynier qui en était devenu propriétaire en 2000 pour
6,5 millions £ et l’avait relancée. Selon lui, il aurait reçu trois offres de reprise chaque année, dont une de William Grant & Sons, propriétaire de Glenfiddich. Outre l’aiguillon d’une contre-offre, le prix payé élevé par Rémy Cointreau se justifie également par les perspectives de croissance de cette affaire. Selon les derniers chiffres communiqués à la centrale de bilans Companies House, Bruichladdich a réalisé en 2011 un chiffre d’affaires en progression de 27% à 8,7 millions, pour un bénéfice de 1,43 million. Selon Mark Reynier, les ventes ont augmenté de 60% sur le premier semestre ; il estime que la reprise par Cointreau pourrait conduire à un doublement des ventes, actuellement de 50 000 caisses par an. Le marché du whisky écossais est en plein essor, la Scotch Whisky Association annonçant un chiffre record des exportations pour 2011 de 4,2 milliards £. Cette acquisition, en dépit de son prix élevé, a été positivement saluée par les analystes qui estiment que le groupe peut compter sur son réseau de distribution bien implanté et puissant en Asie pour ses cognacs, sa marque Cointreau ou ses rhums Mount Gay. Il dispose également d’un trésor de guerre de près de 1 milliard d’euros, grâce à la vente en 2011 des ses champagnes Piper Heidsick et Charles Heidsick, dont il conserve la distribution. Ses résultats du début d’année 2012 sont également fortement encourageants.

Un début d’année prometteur
Le groupe a bénéficié des bonnes ventes de cognac au premier trimestre allant au 30 juin et affiche un chiffre d’affaires en hausse de 36,8%, à 271,6 millions d'euros, selon un communiqué. Celui-ci reconnaît toutefois que ce trimestre « est traditionnellement peu significatif » et que la base de comparaison faible en amplifie les effets de croissance. Toutes les activités enregistrent des performances en ligne avec les tendances de l'exercice précédent, précise le groupe dans son communiqué. Dans le détail, le cognac a vu ses ventes s'envoler de 55,2% (+37,8% en organique, à taux de change comparables), à 173,8 millions d'euros, la croissance de la marque étant surtout portée par l'Asie-Pacifique et les Etats-Unis. Les liqueurs et spiritueux ont progressé de leur côté de 13%, à 50,3 millions d'euros, les marques partenaires affichant pour leur part une hausse de 12,9% de leurs ventes, à 47,6 millions d'euros. Le groupe avait annoncé un bond de 57% de son bénéfice net à 110,8 millions d'euros au terme de l'exercice 2011-2012. Le développement est toujours « fort » en Asie et aux Etats-Unis. L'Europe est « en croissance » et « montre une bonne résistance avec des situations plus contrastée selon les marchés ». Rémy Cointreau dit rester « vigilant compte tenu des aléas de la conjoncture mondiale, et notamment de la situation économique des pays européens ».

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