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SPIRITUEUX/RÉSULTATS Remy Cointreau souffre en Chine et en Bourse

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Rémy Cointreau doit avouer un recul organique de ses ventes de 10,7 % sur l'exercice, à 1,03 milliard d'euros. Le groupe pâtit de l'effondrement des ventes de Rémy Martin en Chine, mais aussi d'une crise de management.

LE groupe de vins et spiritueux, contrôlé par la famille Hériard-Dubreuil (53 % via le holding Andromède) traverse un passe difficile. Affecté sur le marché chinois par les mesures de lutte contre la corruption au sein du gouvernement, le cognac Rémy Martin, produit phare du groupe dans ce pays, a vu s'effondrer ses ventes ces derniers mois (-20,8 % à périmètre et taux de change comparable à 551,2 millions sur l'exercice 2013/2014 clos fin mars). Un recul « amplifié par la volonté du groupe de réduire les niveaux de stocks dans les circuits de distribution en Chine », précise le communiqué publié le 17 avril à l'occasion de la publication du chiffre d'affaires annuel. Rémy Cointreau qui a délibérément fait le choix d'orienter ses produits vers le haut et très haut de gamme ces dernières années, paye aujourd'hui lourdement cette stratégie de premiumisation. Le cognac pèse pour 80% de son résultat opérationnel et la Chine pour environ 40%. Entre 2010 et 2013, période faste avant la crise, la précieuse boisson avait enregistré une croissance organique cumulée de plus de 50 %. La contre-performance de la filiale a pesé sur l'ensemble du groupe. Rémy Cointreau affiche un recul organique de ses ventes de 10,7 % sur l'exercice à 1,03 milliard d'euros. En conséquence, les dirigeants ont annoncé un profit warning pour 2013/2014. Déjà prévu en baisse significative, de l'ordre de 20 %, le résultat opérationnel courant devrait, selon les responsables de Rémy Cointreau, afficher un recul de 35 à 40% pour 2013/2014.

TROUBLES DANS LE MANAGEMENT

Les difficultés de Rémy Cointreau se sont doublées d'une crise au sein du management, avec la démission du nouveau directeur général du groupe suivie par celle du patron de Rémy Martin, nourrissant des interrogations sur sa stratégie. Luca Marotta, le directeur financier, cité par Reuters, a tenu à souligner que le groupe avait déjà traversé de nombreuses crises au cours de sa longue histoire et n'avait jamais dévié de sa stratégie consistant à renforcer ses investissements jugés stratégiques. « La Chine ne fait pas exception », a-t-il dit, réitérant sa confiance dans l'« énorme potentiel de croissance à long terme » du pays, grâce notamment à la démographie, à la hausse du pouvoir d'achat et au développement attendu de la consommation privée. Rémy Cointreau a réaffirmé tabler sur une stabilisation des ventes des grossistes aux détaillants au cours de l'exercice 2014-2015 entamé ce mois-ci.

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Un coup dur pour la valeur en Bourse, déjà pénalisée la veille par une recommandation de vente de la part de l'analyste de la Société Générale. Au début du mois en revanche, le titre avait fait l'objet de rumeurs sur un possible intérêt de l'américain Brown-Forman pour le groupe français. L'analyste de la Société Générale juge « une fusion plus plausible » qu'une OPA, à condition que les actionnaires des deux sociétés « parviennent à s'accorder sur les termes d'un rapprochement », indique ce dernier cité par Reuters. Le positionnement très attractif des marques du groupe sur la catégorie de cognac haut de gamme, qui présente des barrières élevées à l'entrée, fait de Rémy un actif très convoité, estime encore l'analyste.