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Vins et spiritueux / Résultats Rémy Cointreau veut relever la rentabilité de ses champagnes

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Le groupe de vins et spiritueux Rémy Cointreau, qui a réduit son endettement de 60,7 millions d’euros, se dit ouvert à toutes les opportunités d’acquisition. Il a décidé en attendant de restructurer sa branche champagne.

Même s’il est à l’écart des grandes manœuvres autour d’Allied Domecq, le groupe Rémy Cointreau est très attentif aux événements. Dominique Hériard Dubreuil, présidente du groupe de vins et spiritueux, en a fait état en présentant ses résultats, rappelant que Rémy Cointreau est lié dans le cadre du réseau Maxxium avec le partenaire de Pernod Ricard pour cette opération, l’américain Fortune Brands. Mme Hériard Dubreuil estime ainsi qu’« il y aura des ramifications importantes à cette grosse opération à moyen terme » et que « Rémy Cointreau sera un acteur important de ces ramifications ».

Se limiter au haut de gamme

En présentant ses résultats de l’exercice annuel, la direction du groupe a confirmé la poursuite de sa stratégie de création de valeur entamée il y a quatre ans : misant davantage sur le haut de gamme que sur la taille critique, Jean-Marie Laborde, directeur général, privilégie ainsi ses marques phares, Rémy Martin, Cointreau, Passoa et Bols. En ce qui concerne, le champagne, dont la rentabilité est insuffisante avec une marge opérationnelle de 12,3%, inférieure à la moyenne du groupe (18,5%), il se concentrera sur Piper Heidsieck et Charles Heidsieck, et cherchera à vendre ou à « éteindre » certaines marques comme Bonnet, tout en regroupant ses trois sites de Reims sur un site unique, sans plan de licenciement prévu.

Sur cet exercice clos fin mars, le groupe affiche d’ailleurs des résultats contrastés avec une croissance à deux chiffres de son résultat opérationnel à taux de change et périmètre constant, mais une baisse de son bénéfice net de 68 % à 24,2 M E, sous le poids d’une charge exceptionnelle de 54,6 M E « pour dépréciation exceptionnelle de la valeur de certaines marques ».

Globalement, Rémy Cointreau a dégagé 167,7 M E de résultat opérationnel, en baisse de 3,3 % en données publiées (mais en hausse de 14,4 % en variation organique) alors que son chiffre d’affaires a augmenté de 1,9% (+5,1 % en croissance organique) à 905,3 M E. La marge opérationnelle recule d’un point à 18,5 % (21,3 % hors effet devises), reflet de l’impact des hausses de prix et du développement des qualités supérieures menés par le groupe dont les investissements marketing restent soutenus.

Cognac: Rémy Martin progresse de 6 %, confortant ainsi sa place de leader des qualités supérieures avec des progressions remarquables aux Etats-Unis et en Chine. Le cognac conserve une solide marge opérationnelle de 31,2 %, compte tenu d’un effet change négatif de 26,6 millions d’euros et de l’augmentation des investissements marketing. Le résultat opérationnel atteint 99,5 M E, soit une croissance organique de 10,3 %.

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Liqueurs: Porté par les bonnes performances de Cointreau aux Etats-Unis, de Passoa en France et des liqueurs Bols en Asie (notamment au Japon), le résultat opérationnel de la branche s’élève à 51,5 M E, en croissance organique de 12,8 % avec une marge opérationnelle en hausse à 31,9 %.

Spiritueux: Fort développement de Metaxa en Europe Centrale, solide évolution de Mount Gay Rum aux Etats-Unis et dans les Caraïbes avec des taux de croissance très satisfaisants dans leur zone commerciale. En conséquence, le résultat opérationnel est de 56 M E, en progression de 3,3 % pour une marge opérationnelle en légère hausse à 30 %.

Champagne: L’activité champagne est restée bien orientée, avec un mix produits et marchés très favorable. Toute la priorité a été donnée aux deux marques premium Piper-Heidsieck et Charles Heidsieck. Avec un résultat opérationnel de 15,9 millions, en hausse de 3,9 % (+16,3 % en organique), le champagne reste sur la même marge opérationnelle de 12,3 %, dans un contexte de dépenses marketing élevées.

Marques Partenaires : La contribution au résultat opérationnel des Marques Partenaires (distribution de vins et des scotch whiskies d’Edrington aux Etats-Unis) s’élève à 16,8 M E, en hausse de 9,1 % (13 % hors effet de change).