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Champagne Céréales Rendre le capital social plus attractif

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Pascal Prot, le président de la coopérative Champagne Céréales, veut faire en sorte que ses adhérents se sentent davantage propriétaires de leur coopérative grâce à une meilleure rémunération du capital social, une plus grande proximité sur le terrain.

La coopérative Champagne Céréales, qui a tenu son congrès à Reims le 13 décembre, affiche un chiffre d’affaires 2004/2005 de 571 millions d’euros et un résultat de plus de 9 millions d’euros grâce à une collecte 2004 exceptionnelle à 2,6 millions de tonnes (+ 25 %).

Ce résultat s’affiche après un versement aux 9 200 adhérents de près de 8 millions d’euros de complément de prix. À cela s’ajoutent les ristournes sur les produits phytos de 1,3 million d’euros et 2,2 millions d’euros de dividendes des filiales entièrement reversées aux adhérents.

Pour autant, Pascal Prot, le président, souhaite renforcer la relation entre la coopérative et les adhérents en rendant plus attractif le capital social. L’idée est de diviser par deux les critères de souscription pour les adhérents. Ainsi, au lieu de 15 euros/tonne de céréales livrée à la coopérative, la part social vaudra 15 euros pour deux tonnes. Le capital social supplémentaire ainsi généré sera transformé en « parts sociales à avantage particulier », mieux rémunérées. « De plus, ces parts sociales ne rentrent pas dans l’assiette des cotisations sociales », souligne Pascal Prot. « Nous devons développer le sentiment que les agriculteurs sont propriétaires de leur coopératives, alors qu’ils le vivent actuellement comme une contrainte », poursuit-il.

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Rediviser la coop en sections

Pour que l’adhérent ne perde pas le lien avec sa coopérative, le siège de Reims, dit « le château », a mis au point une nouvelle organisation des équipes de terrains : « L’animation terrain a été divisée en 16 sections, dirigées par un responsable salarié et un administrateur, explique Laurent Jubert, directeur général de Champagnes Céréales. Une section représente environ 150 000 tonnes de collecte, une trentaine de salariés, 5 ou 6 silos et 2 ou 3 magasins. Chaque section est dotée d’un budget dont il est autonome ». L’idée est de recréer une mini-coopérative à laquelle les agriculteurs puissent s’identifier. « Le château » veille à maintenir la cohérence de l’ensemble !

Siclaé et Seveal

Ce n’est pas la seule originalité de Champagnes céréales. Début 2005 est né « Siclaé », Société d’investissement champenoise et lorraine pour l’agro-expansion, correspondant à une structure commune de Champagnes céréales, EMC2 et Nouricia dans le but de regrouper leurs participations dans l’aval. Et début 2006, va naître Seveal, une filiale commune aux trois coopératives citées précédemment ainsi que Cohésis ayant pour but de mettre en commun les achats et la logistique de distribution des intrants (phyto, semences). Il ne restera plus dans la coopérative que le conseil et la collecte.

Le groupe consolidé pèse un milliard d’euros

Le chiffre d’affaires du groupe Champagne céréales (la coopérative et les 81 filiales) s’élève à 1,05 milliard d’euros et le résultat net part du groupe à 11,4 millions d’euros (+28 %). Parmi les filiales, Malteurop subit la crise mondiale de la malterie. Si l’activité ukrainienne de Malteurop se développe plutôt bien, la direction a décidé d’anticiper la fermeture de l’usine de Reims, trop enclavée. Champagne Céréales cherche des partenaires pour peser davantage face aux brasseurs, très concentrés. « Quant on voit que Soufflet, n°1 en Europe, ne représente que 8 % du malt mondial, alors que Malteurop est n°3, cela montre la nécessaire restructuration de cette profession», a fait remarquer Laurent Jubert, directeur général de Champagnes céréales. Serait-ce un appel du pied ?