Les associations de PME et ETI plaident pour que leurs entreprises ne soient pas contraintes par le gouvernement de renégocier leurs tarifs avec la grande distribution.
Gouvernement et associations de PME et ETI sont apparemment d’accord sur une chose : les renégociations commerciales entre industriels et grande distribution ne doivent pas concerner les petites entreprises. Dès les premières annonces sur le sujet, le ministère de l’Économie avait précisé qu’il demanderait, non pas à toutes les entreprises, mais seulement aux « grandes entreprises » de revoir leurs tarifs. Cependant, deux organisations représentant les intérêts des PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) continuent d’en appeler au gouvernement, faute de résultat sur le terrain.
En effet, certaines entreprises ont reçu des demandes de renégociation de la part de distributeurs. D’après une enquête de l’Adepale, cette pratique concernerait 95 % des ETI et 50 % des PME. L’association dénonce l’absence de « discernement » des distributeurs. Elle rappelle la présence de clauses de révision et de renégociation dans les contrats depuis la loi Egalim 2 pour répercuter les variations de coûts des matières premières agricoles et non agricoles.
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Pas invitée en réunion
Certes, le 10 mai, la ministre déléguée au Commerce, Olivia Grégoire a réaffirmé qu’elle « (sortait) les PME de ces renégociations ». Mais la Feef continuait, le même jour, d’insister auprès des pouvoirs publics pour que ces entreprises soient exclues des nouvelles négociations. « Les PME-ETI fournisseurs de la distribution n’ont absolument pas la capacité de réduire leur tarif. » Signe, toutefois, que les arguments de l’organisation ont été entendus, la Feef n’a pas été conviée au ministère de l’Économie, le 17 mai, à une réunion dédiée aux renégociations. Seules les organisations comptant de grandes entreprises parmi leurs adhérents – l’Ania et l’Ilec – ont été invitées.
Depuis plusieurs mois, le gouvernement pousse les industriels et les distributeurs à rouvrir leurs contrats, suscitant l’inquiétude du monde agricole. La FNSEA plaide dans un communiqué du 11 mai pour que l’agriculture française ne soit pas « la grande sacrifiée de la lutte contre l’inflation ». « Certains distributeurs relancent la guerre des prix les plus bas », dénonce le syndicat majoritaire. Le syndicat demande aux pouvoirs publics de faire « respecter les lois Egalim », expliquant que les coûts de production « ne baissent pas » et que « pour certaines productions, leur couverture n’est même pas atteinte ». Il évoque des « tensions depuis quelques semaines » sur les prix d’achat à la production, faisant référence aux productions d’élevage. La construction du prix « en marche avant », grand principe des lois Egalim, doit rester « une priorité politique », insiste la FNSEA.