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Etude Renforcer le conseil et le développement pour soutenir l’agriculture bio

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Un rapport du ministère de l’Agriculture tente de faire le point sur les défis actuels de l’agriculture biologique. Il relève l’importance des réseaux et des échanges sur les connaissances et les pratiques, en conseil comme en développement.

Développer la recherche et développement, renforcer la formation et les réseaux de diffusion, mieux comprendre les facteurs de conversion et de déconversion : voici, dans les grandes lignes, les défis à relever pour les filières biologiques, selon le Centre d’études et de prospective du ministère de l’Agriculture (1). L’organisme revient sur 30 ans d’agriculture biologique pour dégager les pistes pour demain. Cette publication n’est pas neutre, au moment où le ministère de l’Agriculture engage la concertation sur le futur plan bio, dont l’actuelle version s’achève cette année. Ainsi, le rapport reconnaît que le développement agricole et le conseil se sont ouverts à l’agriculture biologique, mais estime qu’il reste des marges de progrès.

Favoriser les échanges pour consolider les réseaux

Chaque département est aujourd’hui doté d’au moins un organisme de développement en AB, mais les réseaux d’organismes et d’acteurs compétents sur le sujet doivent encore être renforcés. En particulier grâce à des soutiens publics, relève le document. Le conseil mérite aussi d’être consolidé : les agriculteurs bio ont besoin de conseil avant installation en bio, mais aussi, par la suite, « d’une offre de conseil intégrée qui requiert des adaptations du métier des conseillers pour renforcer ou articuler des compétences variées (agronomiques, économiques, organisationnelles). » De plus, les professionnels de la filière sont aussi en manque – et donc en demande – de références techniques et économiques. « Pour relever ce défi, des configurations orientées vers le partage des connaissances et des compétences des conseillers, agriculteurs et chercheurs sont souhaitables et envisagées », signalent les auteurs.

Des modules de formation spécifiques pour les producteurs

Côté recherche, le document rappelle que le secteur du bio est en attente sur les gains de productivité et les marges en agriculture biologique, « qui font l’objet de programmes de recherche ». En matière de formation, les cursus initiaux spécialisés existent et l’enseignement agricole a intégré ce sujet dans l’ensemble des cursus. Reste à développer des modules spécifiques qui seront particulièrement utiles aux producteurs, par exemple sur la commercialisation en circuits courts. Mieux connaître les facteurs incitant à la conversion ou à la déconversion constitue aussi un enjeu, estiment les auteurs (voir article « 19 000 exploitations souhaiteraient se convertir à l’agriculture bio ») Enfin, l’aspect réglementaire ne peut être éludé : « Les normes et critères de sélection de la matière première agricole (…) pourraient mieux s’adapter aux caractéristiques des variétés locales biologiques », relève le rapport. Les auteurs soulignent tout de même l’avancée qu’a constitué l’autorisation européenne du purin d’ortie et la feuille de route nationale sur le biocontrôle.

(1) « Les enjeux de la production d’agriculture biologique en France », n°50 du document « Analyse », publié par le Centre d’études et de prospective et publié le 24 octobre

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