Dans un rapport d'initiative, la commission de l'environnent du Parlement européen estime que la législation européenne n'est pas suffisante pour faire face aux fraudes de plus en plus fréquentes dans le secteur alimentaire. Il est donc notamment recommandé de mettre en œuvre une définition communautaire de ce qu'est une fraude alimentaire et de rendre obligatoire l'étiquetage de l'origine de la viande dans les produits transformés.
Dans un rapport sur la crise alimentaire, la fraude dans la chaîne alimentaire et son contrôle, adopté en décembre, la commission de l'environnement du Parlement européen se prononce pour l'étiquetage de l'origine de la viande utilisée dans les produis transformés. « Bien qu'elle ne constitue pas en soi un outil de lutte contre la fraude alimentaire, la mention, dans l'étiquetage, du pays d'origine permettra de garantir une meilleure traçabilité tout au long de la chaîne d'approvisionnement alimentaire, des relations plus stables entre les fournisseurs et les transformateurs de viande, ainsi qu'une diligence accrue dans le choix des fournisseurs et des produits par les exploitants du secteur alimentaire », justifie la rapportrice Esther de Lange (PPE, Pays-Bas). De plus, ce dispositif permettrait de rétablir la confiance du consommateur.
Plus de contrôles inopinés
De manière générale, le Parlement européen s'inquiète des signes indiquant que les cas de fraude alimentaire se multiplient, reflétant une faiblesse structurelle au sein de la chaîne alimentaire européenne. Parmi les denrées faisant le plus souvent l'objet de fraudes, les services du Parlement ont identifié : l'huile d'olive, le poisson, les produits biologiques, les céréales, le miel, le café, le thé, les épices, le vin, certains jus de fruit, le lait et la viande.
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Les parlementaires soulignent la nécessité de développer une approche européenne dans la lutte contre la fraude alimentaire, notamment en adoptant une définition harmonisée à l'échelle de l'UE. « Compte tenu des caractéristiques du marché unique européen, la fraude alimentaire s'étend souvent au-delà des frontières nationales des États membres et constitue une menace pour la santé de tous les citoyens européens », explique Esther de Lange.
Si elle se félicite de la décision de la Commission de créer une équipe de lutte contre la fraude alimentaire et de renforcer les sanctions contre les fraudeurs, elle estime que ces mesures ne suffisent pas. Il est donc recommandé de renforcer les contrôles (en particuliers inopinés), de donner plus de moyens à l'Office alimentaire et vétérinaire de l'UE (OaV) et de rendre les résultats de ses travaux plus transparents.