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Euralis Réorganisé, Euralis veut désormais se consolider

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Le groupe coopératif Euralis, qui revendique notamment la place de premier producteur de foie gras français avec Montfort Grimaud et Rougié Bizac, s'est réorganisé et restructuré au cours du dernier exercice. Dans le rouge en 2002-2003, il prévoit son retour à l'équilibre au 31 août prochain, mais se montre prudent.

L’année 2003 a été une année charnière pour le premier groupe agroalimentaire du Sud-Ouest, Euralis (868 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2002-2003 avec 3 200 salariés). Alors que le « monde agricole bouge très fort et vite » et que le groupe a été confronté à « quelques problèmes internes », selon les termes de son président Christian Peès, Euralis a travaillé depuis deux ans à se réorganiser. A partir de ses neuf métiers, il a créé trois pôles – les semences, les produits agricoles et la distribution, et la gastronomie de terroir – et a logé ses participations dans le porc et dans le bovin au sein d'un département « partenariats ». A travers ce nouveau schéma, il recherche une meilleure adaptation aux marchés et une plus grande proximité avec ses clients. Il vise aussi à développer des synergies plus importantes entre ses activités structurées jusque là en filières, qui « n'avaient pas beaucoup de connexions entre elles », explique Michel Depierre, le directeur général.

Restructurations

En parallèle, Euralis a mené des restructurations dans le porc, la vigne, les semences et les céréales, ainsi que dans les légumes transformés, avec la fermeture de l'usine de Villeneuve-sur-Lot, détenue à parité avec Bonduelle  Agra Industrie n°38 du 6 novembre 2003. L'outil était ancien, implanté en zone urbaine et n'offrait pas de réelles possibilités d'améliorer les prix de revient, expliquent les dirigeants. Ils ont donc opté pour le transfert de la production vers l'unité de Labenne où 5 millions d'euros sont investis à cet effet.

L'ensemble des mesures prises par le groupe lui ont coûté cher, reconnaît Michel Depierre. Au cours du dernier exercice, les charges exceptionnelles se sont élevées à 5 millions d'euros et ont ramené le résultat net consolidé part du groupe à -1,5 million d'euros. Le résultat d'exploitation, quant à lui, s'est amélioré de plus de 10 millions d'euros par rapport à l'exercice précédent. En deux ans, 147 emplois ont été supprimés.

En ordre de marche

Pour le nouvel exercice clôturé à la fin du mois d'août prochain, les dirigeants d'Euralis préfèrent se montrer prudents dans leurs prévisions. Compte tenu de l'impact de la sécheresse et de la canicule sur l'approvisionnement en céréales et des effets de la hausse du coût de l'aliment sur les productions animales, « nous annonçons un budget 0+ », indique Michel Depierre. Pour autant, dans un contexte de marchés qui deviennent beaucoup plus compétitifs, et de tensions internationales plus fortes, Euralis s'estime désormais « en ordre de marche » et « part à la conquête de nouveaux marchés » en France et à l'étranger.

Aussi le groupe a-t-il souhaité se doter d'une politique de communication « cohérente » avec ses ambitions commerciales. Il vient d'adopter « Euralis » comme marque fédératrice, désormais étendue à toutes les sociétés du groupe.