Comment faire en sorte que les coûts des productions agricoles puissent être répercutés en aval sans être facteur d’inflation ? C’est bien tout le dilemme auquel les pouvoirs publics et la société toute entière sont confrontés aujourd’hui en ce qui concerne ses produits alimentaires.
L’équation est moins complexe qu’il n’y paraît. Chaque maillon d’une filière possède en effet des capacités à amortir une fluctuation de ses coûts. Le président de la FNSEA indiquait par exemple que les agriculteurs sont en mesure d’assumer des évolutions de 15%-20% des coûts de l’aliment du bétail. D’ailleurs l’histoire de l’agriculture est faite de périodes où il a fallu produire avec des coûts croissants en misant sur les progrès de productivité et la concentration des exploitations pour amortir ces coûts.
Les industriels eux aussi, de même que les distributeurs ont des marges de fluctuation et sont devenus, au fur et à mesure que les produits se transformaient, intégraient du marketing et de l’emballage, moins sensibles au coût de la matière première.
Enfin, le consommateur est lui aussi capable d’amortir certaines hausses de coûts, capable d’arbitrer entre les produits comme il l’a fait depuis cinquante ans en réduisant la part de l’alimentaire dans son budget. Peut-être est-il temps de lui apprendre que l’alimentation a un prix et que, s’il veut continuer à profiter d’une qualité indéniable et d’une quantité indispensable, il doit payer ce prix.
On le voit, il s’agit plutôt de mettre en place des règles du jeu claires et d’inciter à des comportements plutôt que d’essayer de trouver une formule miracle qui permettrait d’amortir des coûts de production croissants. C’est possible. D’autant que ce qui menace vraiment l’économie aujourd’hui, ce n’est pas l’inflation. C’est la non-croissance et le chômage.

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