Non sans un certain aplomb les grandes surfaces de distribution disent qu’elles « prennent en compte les mouvements de prix de matières premières dans leurs négociations pour les intégrer à leur juste mesure ». On vient d’avoir une idée de cette « juste mesure » avec l’indice des prix alimentaires que l’Insee vient de publier. En un an les prix alimentaires ont progressé de 0,1%, les prix des produits frais reculant, eux, de 0,4% ! En janvier, l’ensemble des prix alimentaires a même baissé dont -1,4% pour les produits frais. Pendant ce temps, au moins sur les six mois qui viennent de s’écouler, les coûts de production de l’élevage ont galopé entrainant des difficultés considérables pour les producteurs agricoles, l’industrie agro-alimentaire n’étant pas épargnée non plus.
Face à la formidable capacité d’inertie des GMS, le monde agricole paraît un enfant de chœur impuissant de faire bouger la moindre ligne. En sortant d’une réunion chez le ministre de l’agriculture, ces grandes surfaces ont traité avec un peu de mépris les idées d’indexation partielle des prix sur les cours des matières premières. La question est pourtant urgente et le mécanisme n’a d’intérêt que s’il est appliqué rapidement. Le gouvernement semble bien désireux, en apparence tout au moins, de faire progresser le dossier des agriculteurs. Mais a-t-il les moyens d’obliger les distributeurs à assouplir leurs positions ? Non. Et sans doute pas mal de décideurs politiques se satisfont intimement de ne pas avoir les moyens de provoquer une hausse de prix… à quelques mois d’échéances électorales.
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