La paix n’est pas près de revenir dans les campagnes après l’explosion en plein vol de l’accord sur le prix du lait. Les industriels ont pris le risque d’être accusés de vider l’interprofession de son rôle plutôt que d’handicaper plus longtemps toute la filière – et pas seulement la transformation – avec des prix beaucoup plus élevés en France que chez nos concurrents. Il faudra donc trouver d’autres indicateurs que ceux de l’accord du 3 juin dernier dont il se confirme qu’il n’avait été signé que sous une pression extrême du gouvernement. En attendant, c’est le chacun pour soi au niveau local, et en quelque sorte la « libre négociabilité » qui s’instaure dans les rapports entre éleveurs et entreprises laitières. Du jamais vu, mais qui semble la réplique exacte de ce que les industriels subissent face à la distribution depuis la mise en œuvre de la LME. La loi a pourtant voulu cadrer la négociation en obligeant à conclure pour le 1er mars des contrats comprenant des plans d’affaires et donc des engagements des acheteurs sur de vraies contreparties aux efforts tarifaires des fournisseurs ; or, aujourd’hui, à en croire les experts qui conseillent ces derniers, bien des accords ne sont pas encore finalisés et beaucoup manquent de contenu ou sont d’un flou le plus artistique sur ces contreparties, provoquant après coup de nouveaux rounds d’une négociation quasi-permanente. Les industriels eux-mêmes grognent de plus en plus (en privé), mais aucun bien sûr ne veut courir le risque d’un déréférencement-sanction en dénonçant une enseigne avec laquelle il fait du chiffre d’affaires.
Au moment où la LMA devrait promouvoir la contractualisation entre agriculteurs et industriels, il est piquant de voir dans quel piteux état se trouve l’économie contractuelle en aval.

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