La France exercera sa prochaine présidence du Conseil de l’UE au premier semestre de... 2022. En attendant cette lointaine échéance, elle tente aujourd’hui – perspectives électorales aidant – de jouer les chefs de file dans une Union ébranlée par la signification et les implications du départ du Royaume-Uni, qui devrait se concrétiser à l’horizon 2019. Paris monte ainsi au créneau pour que soient « arrêtées » les négociations de libre-échange avec les États-Unis qui inquiètent sérieusement une partie de la société civile et certains secteurs économiques, l’agriculture notamment. D’ailleurs, la Pac est un des autres dossiers sur lesquels la France veut peser ostensiblement. D’où la rencontre informelle dans les ors de Chambord à laquelle elle a invité ses partenaires européens pour débattre de l’avenir d’une politique sur laquelle Londres ne pourra plus peser. En fait, tout se passe comme si le Brexit donnait à Paris l’occasion de reprendre la main dans l’UE. Ce qui, bien entendu, nécessite de s’entendre avec Berlin. Reste à savoir si, au-delà de ses éventuels effets de politique intérieure, ce déploiement d’énergie a bien pour objectif de relancer une Union dont l’image est sérieusement flétrie. Il faut reconnaître, pour ce qui concerne l’agriculture, que la lenteur dont a fait preuve Bruxelles pour réagir face la crise du lait n’est pas faite pour rassurer.

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