L’abattage rapide, depuis début août, des élevages contaminés par le virus de la fièvre aphteuse ou seulement suspectés de l’être a permis au Royaume-Uni d’éviter la prolifération d’une épizootie potentiellement ravageuse. Seuls deux foyers ont été confirmés et, selon les experts vétérinaires britanniques, le risque d’extension de l’épizootie à d’autres régions que le Surrey est désormais « très faible ». Avec l’aval de Bruxelles, la plupart des mesures de restrictions imposées aux éleveurs de l’ensemble du royaume ont été levées par Londres, à partir du 25 août, y compris l’interdiction de transport des animaux vivants. Le Royaume-Uni estime pouvoir recouvrer son statut de pays indemne de la maladie au début du mois de novembre, selon les règles de l’Organisation mondiale de la santé animale.
Londres a récolté, le 23 août, le fruit de près de trois semaines de lutte acharnée contre le virus de la fièvre aphteuse en décrochant, lors de la réunion des experts vétérinaires de l’UE à Bruxelles, l’autorisation d’assouplir les mesures de biosécurité instaurées pour endiguer l’épizootie. Les Vingt-sept ont en effet adopté, à l’unanimité, une décision visant à réduire la zone de protection au seul périmètre de 10 kilomètres situé autour des deux exploitations contaminées dans le comté du Surrey. Cela signifie qu’à l’exception de cette région, l’embargo sur les exportations d’animaux vivants, de viande et de produits laitiers a été levé à compter du 25 août.
Réexamen de la situation le 11 septembre
Depuis la découverte, le 3 août puis le 7 août de deux élevages contaminés par le virus de la fièvre aphteuse, aucun autre cas n’a été confirmé. Pour cette raison, le commerce peut reprendre tout en étant soumis, précise la Commission, à des contrôles vétérinaires stricts. Les experts vétérinaires de l’UE réexamineront à nouveau la situation le 11 septembre prochain.
Mais, selon les autorités britanniques, il est désormais « peu probable » que le virus s’étende au-delà des zones infectées du sud-est de Londres, la période d’incubation de la maladie pour l’apparition de foyers secondaires étant normalement dépassée.
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Aux yeux des experts, la lutte contre cette épizootie a été facilitée par la découverte rapide de l’origine probable du virus : la souche provient très probablement du laboratoire de Pirbright, le centre de référence de l’UE pour la fièvre aphteuse. Il est situé à cinq kilomètres seulement des deux foyers.
L’évolution de la maladie est jugée « favorable » par la Commission européenne aussi grâce à l’application, depuis le début de la crise, du principe de précaution maximal par les autorités britanniques. Le 6 août dernier, l’ensemble du Royaume-Uni, à l’exception de l’Irlande du Nord a été classé zone à haut risque de contamination, synonyme de gel des exportations de bétail vivant et de tous les produits animaux vers le reste de l’Union européenne. Cette décision a été entérinée deux jours plus tard par Bruxelles.
Hantise de l’épidémie de 2001
Très vite, le Premier ministre Gordon Brown a suspendu ses congés et annoncé son intention de mobiliser tous les moyens pour empêcher que la contamination ne prennent de l’ampleur. Il faut dire que le souvenir de l’épidémie de fièvre aphteuse de 2001 est encore présent dans la mémoire du chef du gouvernement britannique qui, à cette époque, était déjà ministre des Finances. Il avait alors chiffré à plusieurs milliards d’euros le coût de la maladie pour son pays. La fièvre aphteuse avait tourmenté les Britanniques pendant plus de 8 mois, à partir du 20 février 2001. Plus de 2 000 foyers avaient été découverts et 4 millions d’animaux avaient été abattus au Royaume-Uni pour mettre fin à la crise qui s’était étendue aux Pays-Bas, à l’Irlande et à la France.