Le cycle de Doha est engagé dans une nouvelle course de fond avec pour date butoir le 30 avril prochain. A cette date, les négociations doivent avoir franchi le cap des modalités pour permettre un accord global à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine.
Avant le redémarrage des négociations du cycle de Doha, les 27 et 28 janvier, à Davos en Suisse, l’Union européenne s’est montrée inflexible : il n’y aura pas de nouvelle offre de la part de la Commission de Bruxelles sans réelle concession de la part des grands partenaires économiques. Tant Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’Agriculture, que Peter Mandelson, son homologue au Commerce, estiment que les blocages du processus de Doha ne se situent pas à Bruxelles.
Toutefois, les négociateurs européens n’écartent pas de nouvelles concessions dans le domaine agricole, dans un second temps. Car, explique Peter Mandelson, « le centre de gravité de la Pac se déplace vers les denrées alimentaires spécialisées, vers les modes de production moins polluants et vers le développement rural ». Les mécanismes qui consistent à « écouler artificiellement sur le marché mondial » les surplus ne sont plus justifiables depuis longtemps, estime le commissaire.
Chiffres et modalités
En marge des déclarations politiques et des réunions de haut niveau, les discussions techniques ont repris le 23 janvier, sur le dossier agricole. L’objectif des négociateurs est à présent de parvenir à définir les modalités d’un accord avant le 30 avril prochain. L’ambassadeur Crawford Falconer a présenté sa stratégie de négociation pour les prochaines semaines afin de parvenir à remplir cet objectif. Il compte faire une distinction entre d’une part les négociations sur les chiffres, le niveau des réductions tarifaires et des soutiens internes notamment, et d’autre part le texte de l’accord en lui-même.
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L’ensemble des délégations présentes lors des premières discussions, le 23 janvier ont souligné que le plus difficile sera de faire avancer le dossier de l’accès aux marchés et notamment la question des produits sensibles, de leur nombre et du niveau de protection qui leur est accordé.
Boîte verte
Concernant les soutiens internes, la plupart des pays défendent l’approche définie en 2004 d’une négociation de disciplines sur les aides de la boîte bleue, génératrices de distorsions. Toutefois, certains pays mettent à nouveau l’Union européenne dans l’embarras en réclamant le même type de négociation pour la boîte verte très utilisée depuis la réforme de la Pac en 2003 avec le mécanisme du découplage.