Parti après son concurrent Sigfox, Orange est en cours de déploiement de son propre réseau internet bas débit, appelé LoRa. Orange prévoit un usage plutôt centré dans les villes, même si des expérimentations sont en cours avec des fermes de grande taille en partenariat avec des entreprises agroalimentaires, explique Olivier Ondet, directeur du programme Objets Connectés d’Orange Business Services.
Le réseau bas débit, qu’est-ce que c’est, et à quoi ça sert ?
Le réseau LoRa est avant tout un réseau qui optimise la consommation électrique d’objets qui ont très peu d’information à envoyer (une température, une localisation, la chute d’un objet ou d’un animal). Par rapport aux réseaux classiques, on arrive ainsi à multiplier par 15 la durée d’opération des objets avant de devoir les recharger, ou à réduire d’autant la taille de la batterie.
En agriculture, des objets comme les tracteurs ou les camions n’ont pas besoin du réseau LoRa, car ils ont une bonne autonomie grâce à leur batterie. Nous connectons déjà plus de 100 000 véhicules de cette taille, avec les solutions de gestion de flotte d’Orange. LoRa est plutôt adapté à des bennes, des containers, ou des capteurs sur des animaux.
Quels sont les usages actuels et émergents en agriculture ?
Aujourd’hui il existe des capteurs permettant la géolocalisation de bennes ou de containers, des capteurs mesurant l’hygrométrie. Ce qui est émergent, c’est par exemple l’analyse des comportements d’animaux.
En élevage, les puces RFID placées sur les animaux sont utilisées depuis plusieurs années, en particulier lors d’un passage à l’auge. Avec Lora, on peut assurer le suivi en continu, sans avoir besoin d’un passage à côté d’un portique.
Quelle est la surface couverte par le réseau bas débit LoRa ?
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Nous couvrons actuellement 18 agglomérations, et en couvrirons 120 en début d’année prochaine – soit 2 600 communes au total. Notre parti-pris est d’assurer la couverture jusqu’à l’intérieur des bâtiments, c’est pour cela que nous commençons par les agglomérations. Nous mettons également en place des réseaux ad hoc, par exemple pour des grandes fermes qui le demanderaient. Comme il s’agit de projets pilotes, Orange s’appuie plutôt sur des partenariats avec des entreprises agroalimentaires.
LoRa a-t-il vocation à couvrir un manque pour des zones non couvertes par le réseau classique ?
LoRa a vocation à desservir les villes, les usines ou en agriculture, des fermes de grandes tailles, car c’est un réseau facile à densifier, notamment à l’intérieur de bâtiments pour lesquels nous proposons également de petites antennes en complément de couverture.
Le réseau 2G – GSM couvre 98 % du territoire. Avec la 4G, Orange propose le haut débit, et ce réseau ne couvre que 80 % de la population. Avec LoRa, la 2G et la 4G, Orange propose des réseaux adaptés à chaque usage.
La problématique de couverture se pose moins en Europe qu’ailleurs dans le monde, comme aux États-Unis...
En Europe, les opérateurs ont déployé la 2G en allant assez loin, en couvrant pour Orange 99,7 % de la population. Avec une bonne batterie, cela assure un bon usage sur une grande partie du territoire.
Aux États-Unis, les opérateurs ne sont jamais allés très loin en couverture 2G, d’où une moins bonne couverture des territoires ruraux.