Le collectif Sauvons les fruits et légumes de France et l'association Générations Futures ont sorti respectivement les 21 et 22 septembre deux études sur les résidus de pesticides présents dans les salades. Les divergences de résultat et d'interprétation laissent perplexe.
Le collectif Sauvons les fruits et légumes de France, qui se définit lui-même comme « un mouvement de citoyens » composé de maraîchers et arboriculteurs « de terrain » publiait le 21 septembre les résultats d'une étude sur les risques microbiologiques et pesticides sur les salades et tomates. Réalisées sur 48 tomates et 18 salades issues de l'agriculture biologique et conventionnelle achetées en région parisienne au mois de juillet, les analyses révèlent que sur les 476 substances recherchées, « seules 9 […] ont pu être quantifiées » et toujours dans la limite autorisée, indique le collectif. « 99,3% des recherches sur l'ensemble des échantillons ont montré l'absence de résidus » se félicite-t-il encore.
Le lendemain, l'association citoyenne Générations Futures torpille la communication des maraîchers en publiant les résultats de sa propre étude, reprise à grande envergure par les médias généralistes. Les analyses, effectuées sur 31 salades issues de l'agriculture conventionnelle (vingt-neuf françaises, une espagnole et une italienne), révèlent la présence de 117 résidus de 25 pesticides différents, dont 5 interdits en France. Générations Futures trouve des résidus de seize matières actives de plus que Sauvons les fruits et légumes de France. Le collectif indique pourtant dans son rapport avoir également recherché la présence éventuelle de ces pesticides dans ses échantillons.
Divergences dans les conclusions
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Les études semblent d'accord sur un point : les Limites Maximales de Résidus sont respectées dans 100% des cas. Les commentaires divergent : Sauvons les fruits et légumes de France voit dans ces résultats la preuve que la consommation des fruits et légumes est « sans aucun risque pour la santé des consommateurs français » ; Générations Futures tire la sonnette d'alarme en indiquant que « dans les 10 matières actives les plus fréquemment retrouvées […] 7 sont suspectées d'être des perturbateurs endocriniens ! ».
Les agriculteurs sollicitent le soutien du ministre
Dans ce bras de fer qui oppose les producteurs de légumes et les militants de Génération Futures, Stéphane Le Foll se serait prononcé en faveur des agriculteurs. A l'occasion de sa rencontre avec Jacques Rouchaussé, président des Producteurs de Légumes de France, et Luc Barbier, président de la FNPF (Fruits), le 23 septembre, il les aurait assurés de son soutien. Les syndicalistes ont fait part de leur ras-le-bol des attaques des ONG et du relais médiatique qui en est fait notamment par les chaînes du service public.