Abonné

Résilience des exploitations : un colloque international sur la gestion des risques en février

- - 4 min

Face à la multitude de risques qui pèsent sur les exploitations agricoles, la chaire Management des risques en agriculture organise un colloque en février dans le but d’identifier des leviers pour accompagner les exploitations vers des systèmes plus résilients.

Trois ans après sa création, en 2014, la chaire Management des risques en agriculture, qui réunit l’école d’ingénieurs UniLaSalle et Groupama Paris Val de Loire, organise en février 2018 à Paris le « premier colloque international sur le management des risques en agriculture ». Pendant 2 jours, les 22 et 23 février (1), chercheurs internationaux, assureurs, administrations publiques mais également agriculteurs, partageront leurs connaissances et expériences. « L’idée est de rassembler les avancées de la recherche qui sont pour le moment éparpillées », a expliqué Éric Gelpe, directeur général de Groupama Paris Val de Loire, le 29 novembre. Cette mise en commun des savoirs doit permettre, à terme, d’offrir de meilleurs conseils aux agriculteurs pour tendre vers des systèmes d’exploitation plus résilients.

Des agriculteurs peu conscients des risques

L’agriculture est l’un des secteurs les plus soumis aux aléas et donc aux risques qui peuvent être climatiques, sanitaires, environnementaux, réglementaires (à travers des « chocs réglementaires » tels que l’interdiction subite du glyphosate), sociétaux (problèmes de voisinage), industriels (dans les unités de méthanisation) et bien entendu, économiques (volatilité des cours), énumère Éric Gelpe. Pourtant, poursuit-il, « l’agriculture est l’un des secteurs – à l’opposé du secteur industriel – qui a le moins conscience des risques auxquels il est soumis ». Preuve en est : seuls 30 % des agriculteurs ont souscrit à une assurance multirisque climatique. « Notre responsabilité est d’amener les agriculteurs à faire une révolution psychologique et comportementale pour qu’ils aient conscience de la multitude de risques qui les menacent », estime Éric Gelpe.

Mesurer la résilience

Le colloque permettra de mettre en lumière les travaux de recherche sur la résilience des exploitations agricoles. Par exemple, une étudiante d’UniLaSalle, Inès Sneessens, a établi un modèle pour mesurer ce critère. À travers l’analyse de la vitesse à laquelle une exploitation, après un choc, se rétablit à son niveau économique initial (soit avant le choc), le modèle permet d’évaluer le niveau de résilience de l’exploitation. En Picardie, région qui a servi de support au travail de recherche, il est apparu que seules 41,3 % des exploitations étaient résilientes face à un « choc » lié à la sécheresse. Inès Sneessens, désormais chercheur en agroéconomie, travaille actuellement sur l’identification des facteurs qui créent la vulnérabilité des systèmes d’exploitation.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Projection

« En général, les assureurs fonctionnent en regardant dans le rétroviseur », ils observent le passé pour proposer une offre adaptée aux besoins, explique Éric Gelpe. « Mais le secteur agricole est tellement innovant qu’il faut directement se projeter dans l’avenir ». C’est pour cette raison que Groupama Paris Val de Loire s’est associé à UniLaSalle et finance la chaire Management des risques en agriculture. Les simulations et scénarios potentiels étudiés par les chercheurs permettent à l’assureur qu’est Groupama de se projeter, de conseiller et de proposer des services les plus adaptés possible aux agriculteurs. Le colloque international veut aller plus loin : faire travailler en commun les scientifiques, les professionnels de l’agriculture et les assureurs et permettre ainsi « de tirer un maximum de pistes sur la façon dont les agriculteurs peuvent faire face aux risques », concluent les membres de la chaire.

(1) « Faire face aux risques en agriculture : quels enjeux, quelles perspectives ? », les 22 et 23 février au Collège des Bernardins à Paris (5e).

« L’agriculture est l’un des secteurs qui a le moins conscience des risques auxquels il est soumis »