Tout n’aura été qu’une rumeur de plus. Alors que des bruits couraient sur une possible OPA de la part de PespiCo, Danone publiait des résultats conformes à ses prévisions. Son résultat net, à 347 M EUR, s’est inscrit en baisse de 36,56 %, du fait d’une provision de 200 M EUR environ, liée à l’activité HOD aux Etats-Unis dont la vente est en cours de discussion.
Alors qu’il était le centre de rumeurs sur une possible OPA de la part de l’américain PepsiCo depuis plus d’une semaine, Danone a annoncé ses résultats pour le premier semestre le 21 juillet dernier. Le groupe a dégagé au premier semestre 2005 un bénéfice net en baisse de 36,56 %, à 347 millions d’euros, contre 547 M EUR un an plus tôt. Une régression qui s’explique par une provision d’un montant net d’impôt d’environ 200 M EUR, enregistrée dans ses comptes à fin juin, et concernant ses activités d’eau en bonbonnes aux Etats-Unis. En janvier, le groupe avait déjà annoncé l’enregistrement dans ses comptes consolidés 2004 d’une charge exceptionnelle d’environ 450 M EUR, correspondant à la dépréciation de la valeur comptable de sa participation dans DS Waters, le joint venture formé dans cette activité outre-Atlantique avec Suntory Limited. Aujourd’hui, selon le groupe, des « discussions avancées » sur la cession de sa participation dans le HOD sont en cours.
Des objectifs maintenus voire relevés
Par contre, son bénéfice net courant s’établit à 503 M EUR au premier semestre contre 468 M EUR un an plus tôt, soit une progression de + 7,5 %. Danone a par ailleurs réalisé sur la même période un chiffre d’affaires de 6,437 milliards d’euros, en hausse de 2,9 %, selon les normes IFRS. L’effet des taux de change a été de – 0,4 %, quand les variations de périmètre ont eu un effet négatif de – 3,2 %, du fait de la déconsolidation des activités biscuits au Royaume-Uni et en Irlande, au Brésil et en Argentine, et des activités boissons en Italie. A périmètre et taux de change constants, la croissance a atteint + 6,5 %, résultat d’un effet volume de + 5,2 % et d’un effet valeur de + 1,3 %. Cette progression de son activité a conduit le groupe tant convoité à relever ses prévisions de croissance organique de chiffre d’affaires à une fourchette comprise entre 6 et 7 %, alors qu’elle estimait en avril que cette progression se situerait entre 5 et 7 %. Comme Emmanuel Faber l’avait alors annoncé en février, Danone prévoit une progression de sa marge opérationnelle d’environ + 20 à 40 points de base et une progression du bénéfice net courant par action autour de + 10 %.
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700 M EUR de plus-values au premier semestre
Les cessions annoncées pendant les 6 premiers mois de l’année, principalement la participation du groupe dans la société brassicole espagnole Mahou, revendue aux familles actionnaires, et les activités sauces au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, vendues à Heinz, permettront au groupe d’encaisser au second semestre un montant d’environ 1,3 milliard d’euros et d’enregistrer une plus-value supérieure à 700 millions d’euros. Selon Danone, le résultat non courant de l’exercice 2005 sera ainsi très « largement positif ». Le résultat opérationnel courant du premier semestre s’est élevé à 857 M EUR contre 820 M EUR un an plus tôt. La marge opérationnelle courante est ainsi de 13,3 % contre 13,1 % pour les 6 premiers mois de 2004, soit une progression de 21 points de base. La croissance organique des ventes a été de 6,5 % au premier semestre 2005, avec une accélération de celle-ci au second trimestre (+7,6 %).
L’Europe et les biscuits, toujours à la traîne
Comme d’habitude, la croissance a été bien plus forte au premier semestre pour les boissons (+8,6 %) et les produits laitiers frais (+7,2 %) que pour les biscuits et les produits céréaliers (+1,3 %). Par zone géographique, l’Asie (+10,8 %) et le « Reste du monde » (+16,4 %) continuent de tirer le développement de l’activité du groupe tandis que l’Europe (+2,9 %) confirme ses difficultés et le marasme de la consommation auquel l’agroalimentaire fait face. Par ailleurs, Danone a procédé à des rachats d’actions propres pour 529 millions d’euros au premier semestre 2005. Ses investissements industriels ont totalisé 228 M EUR contre 210 M EUR. Ces résultats montrent une fois de plus, s’il en était besoin, que l’Europe est aujourd’hui un boulet pour Danone, en comparaison des pays émergents, moteur de sa croissance. Cette croissance internationale et ce développement, qui lui ont permis de sortir de sa dépendance à la vieille Europe, Danone les doit bien sûr à sa présence en Bourse, ce qui lui a donné une telle puissance de feu mais le rend aussi vulnérable…