La coopération a souligné le 8 décembre sa « résilience », avec des résultats 2015 montrant une stabilité en dépit d’« un contexte économique difficile ». Son périmètre continue de croître, dans une recherche de taille critique.
L’an dernier, la coopération agricole et agroalimentaire a dégagé un chiffre d’affaires consolidé de 85,9 milliards d’euros pour un résultat net de 1,06 milliard (soit 1,2 %), ce qui « confirme sa résilience, notamment grâce à sa solidité financière (21 milliards d’euros de capitaux propres) dans un contexte économique difficile et incertain », selon la fédération Coop de France qui présentait ces données le 8 décembre en prélude à son congrès du 14 décembre.
Pour autant, le taux de marge reste faible à 3,87 % en mesurant l’EBE (Excédent brut d’exploitation) par rapport au chiffre d’affaires. Coop de France met en parallèle les ratios dans l’aéronautique, à 8,8 %, les services financiers, à 15 %, selon l’Insee. De grandes disparités existent néanmoins au sein même de la coopération. Le secteur du vin affiche en 2015 un taux de marge de 6,34 % quand l’activité bétail et viande n’atteint que 0,78 %. Autre ratio clé, les plus de 43 % d’immobilisations nettes par rapport au total bilan. Cela montre que « les coopératives réalisent beaucoup d’investissements » dans l’outil de production, a commenté face à la presse le délégué général Pascal Viné.
Poursuite de la consolidation
La consolidation du secteur s’est poursuivie : les opérations de fusions acquisitions se soldent par un gain net de 1,015 milliard d’euros en volume de chiffre d’affaires sur les onze premiers mois de 2016. Une tendance observée « notamment des TPE (Très petites entreprises) vers les PME (Petites et moyennes entreprises) qui composent ensemble 91 % des adhérents de Coop de France », note la fédération. 67 opérations sont relevées sur la période, dont 22 pour les seuls mouvements entre coopératives. « L’évolution du périmètre coopératif s’explique dans la recherche de la taille critique », selon le communiqué, avançant trois mots-clés qui la caractérisent : « développement international », « renforcement des entreprises coopératives », « croissance externe ».
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Le périmètre coopératif s’est accru en 2016 de plus d’1 Mrd d’euros en volume de chiffre d’affaires
« Les coopératives agricoles sont un acteur majeur de l’agriculture et de l’agroalimentaire français, déclare le président Michel Prugue, cité dans un communiqué. « Elles se sont organisées pour accompagner les agriculteurs-coopérateurs face aux crises », ajoute-t-il, insistant sur le besoin de gagner en compétitivité. Coop de France avance d’autres priorités : accroître la création de valeurs, se développer à l’international.
« On ne peut pas passer à côté d’allègements de charges »
Le président de Coop de France Michel Prugue a estimé le 8 décembre qu’au vu de la « rentabilité très faible » des coopératives, celles-ci ne peuvent « pas passer à côté d’allègements de charges » promis en contrepartie de leur exclusion du CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi). « Nous attendons qu’un signal soit donné aux coopératives, a-t-il déclaré, pour leur redonner une égalité de chance à un moment où la compétitivité est un élément essentiel à la survie de nos entreprises ». Et d’expliquer que Coop de France « ne demande pas un traitement faveur » mais « que soit reconnue la spécificité des coopératives dans leur capacité à être au plus profond des territoires ». Exemple dans le secteur laitier, elles sont « les dernières à collecter dans les régions difficiles ».