Unilever France a annoncé sa décision de céder Boursin, parce qu’elle n’est plus stratégique. La marque pourrait intéresser les groupes Lactalis, Bongrain, Bel ou encore Arla. Présent dans le portefeuille d’Unilever depuis 1990, Boursin a réalisé un chiffre d’affaires de 95 millions d’euros, l’année dernière.
Acquis auprès de son fondateur François Boursin en 1990, la marque Boursin vient d’être mise en vente par son propriétaire actuel Unilever. « Boursin reste une belle marque qui affiche une croissance positive depuis ses cinq dernières années mais ne correspond plus à la stratégie du groupe », explique Sophie Jayet, responsable des relations extérieures d’Unilever France. Implantée à Pacy-sur-Eure, dans le Calvados, Boursin reste la dernière marque de fromage frais du groupe Unilever qui possédait également Boursault avant de la vendre à Bongrain. Avec un chiffre d’affaires de 95 millions d’euros, Boursin est présent dans trente-cinq pays et réalise 50 % de ses ventes en France. L’étranger tire la croissance de la marque depuis quelques années.
Lactalis, Bongrain, Bel ?
Pour rassurer les salariés de l’usine, Sophie Jayet a insisté sur la « volonté d’Unilever que les 150 salariés de Boursin poursuivent leur activité chez le futur acquéreur ». « Boursin et ses équipes se développeront davantage au sein d’une entreprise qui mettra tous les moyens en œuvre pour faire croître cette marque emblématique », souligne le groupe dans un communiqué.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Pourtant, les dernières innovations de Boursin ont eu leur succès, plaçant la marque en leader des fromages persillés. Entre le lancement de Boursin Cuisine en 2003 et celui de Boursin Salade en 2006, le groupe n’avait pas laissé choir sa seule et unique marque de fromage frais. Ce fromage à base de lait de vache pasteurisé, de crème et d’un mélange d’ail et de fines herbes attise les convoitises et les potentiels repreneurs sont nombreux. Lactalis, Bongrain, Bel et Arla seraient des groupes susceptibles de reprendre la marque créée en 1957.
Rappelons qu’Unilever est dans une phase de restructuration. Il a, en effet, annoncé la suppression de 20 000 postes dans le monde, dont à 10 à 12 000 emplois concernent l’Europe. Par ailleurs, les salariés des trois usines de Maille et d’Amora, en Bourgogne, sont également « inquiets » de l’annonce faite par la maison-mère de ce plan de restructuration. « Les différents sites européens d’Unilever sont en concurrence et l’étau se resserre autour de nous car il semble évident que les suppressions de postes vont davantage se concentrer sur les usines situées à l’ouest de l’Europe plutôt qu’à l’Est », a indiqué un délégué Force ouvrière.