Pour les agriculteurs, la préparation de la réforme des retraites a lieu dans un contexte très particulier. D’une part, bien qu’elles aient progressé ces dernières années, les retraites agricoles restent les parents pauvres du système français. Le niveau général des pensions est plus faible que pour d’autres, qu’il s’agisse des exploitants ou des salariés agricoles. De plus, si le système est judicieux (une retraite de base forfaitaire à laquelle s’ajoutent une retraite proportionnelle et une rente complémentaire), en mesure d’inspirer l’État pour le régime général, les paramètres sont défavorables, fondés notamment sur l’ensemble de la carrière, ce qui pénalise fortement ceux qui ont relevé de plusieurs régimes. Et puis, à revenu faible, retraite faible. On sait ce qu’il en est ces années-ci.
D’autre part, les agriculteurs vont bientôt se trouver face à une réforme de la politique agricole qui pourrait bouleverser leurs structures. Les concentrations d’exploitation pourraient s’accélérer pour faire face à de nouveaux besoins de compétitivité. Certains seront tentés de décrocher plus rapidement, comme le montrait d’ailleurs un sondage fait récemment pour la FNSEA. Ils doivent pouvoir quitter leur exploitation dans des conditions satisfaisantes.
Voilà pourquoi tous les agriculteurs, exploitants ou salariés, ainsi que leurs représentants, doivent suivre de très près les négociations qui viennent de s’ouvrir. Ces négociations, perçues comme douloureuses pour tous les Français, agriculteurs compris, doivent aussi constituer un pas en avant vers la parité pour les paysans.