Flattée par le discours de Rennes qui se veut « fondateur » d’une nouvelle politique, la profession agricole et agroalimentaire risque de rester sceptique : car si Nicolas Sarkozy l’engage dans une voie opposée à celle, malthusienne, qui a guidé la Pac depuis sa première réforme en 1992, en a-t-il les moyens ? L’accession de la France à la présidence de l’Union en juin prochain est-elle vraiment une chance quand on sait qu’il s’agit plutôt, dans cette position, de concilier tout le monde et de ne pas trop mettre en avant ses intérêts, sauf à les faire défendre par d’autres ? A moins que la pratique passée ne change… après tout vouloir c’est déjà pouvoir un peu.
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Bien sûr, les critiques sont déjà prêtes : anticiper l’après 2013 en revenant « sans attendre » à une Pac plus proche de ses origines, faite pour nourrir les hommes en Europe et au-delà, et à un coût budgétaire sans doute revu à la hausse mais en toute « légitimité » cette fois (régulation des marchés, soutien au produit plutôt qu’aide au revenu, gestion des crises et surtout préférence communautaire avec de meilleurs contrôles sanitaires aux frontières), n’est-ce pas vraiment un peu « rétro » ? Mais pour le chef de l’Etat, une telle rupture, qu’il a appelée « refondation » de la politique agricole, « on n’a pas à s’en excuser ». Voyez les autres… Reste le plus dur, l’imposer à la majorité de nos partenaires et surtout à l’actuelle Commission ! Ce que l’on peut faire chez nous, en tout cas, n’est pas nul, aux dires du président : généraliser nos mécanismes de gestion des risques, créer un fonds d’intervention sanitaire, renforcer les groupements et les interprofessions, conforter le tissu industriel alimentaire en permettant aux agriculteurs d’y prendre des participations par l’intermédiaire de fonds, redonner, lors de la réforme de la loi Galland de la plus-value confisquée aux agriculteurs…