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Production bovine Retrouver une compétitivité à l’export pour la viande et le vif est une nécessité

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Retrouver une compétitivité à l’export est un sujet de préoccupation aussi bien pour les commerçants en bestiaux, pour les industriels de la viande que pour la Fédération nationale bovine. FranceAgriMer s’est aussi intéressé à la question dans une étude dont les conclusions poussent à relancer la compétitivité française

En vif comme en viande, tous les acteurs de la filière bovine se préoccupent de la compétitivité de la France dans un contexte de hausse de la demande mondiale et de crise financière chez les éleveurs. Lors de l’assemblée générale de la Fédération nationale des commerçants en bestiaux (FFCB), le 10 décembre, Gérard Poyer, président de la fédération, s’est exprimé sur la question : « Il faut mettre en place sans tarder les moyens et la coordination pour ouvrir et pérenniser de nouveaux marchés en s’appuyant sur l’interface autorités et professionnels. Tous les acteurs semblent d’accord : FranceAgriMer, DGAL, DGPAAT et professionnels. » La Fédération nationale bovine (FNB), dans un communiqué du 15 décembre, est directe :
« Ouvrir de nouveaux débouchés à l’export pays tiers est un volet majeur, autant en animaux vivants qu’en viande.[…] L’amélioration des prix-éleveurs en dépend directement.» Le Syndicat national des industriels de la viande (SNIV-SNCP) rappelle l’étude de FranceAgriMer, datée d’octobre, dans sa lettre d’actualité du 10 décembre. « Selon l’étude précitée, la reconquête des marchés exports est d’une urgente priorité », déclare-t-il.

Un situation européenne paradoxale
Cette étude de marché effectuée par Blezat consulting pour FranceAgriMer relève effectivement que « l’on se retrouve dans une situation paradoxale ». Les tendances au niveau mondial sont favorables à des pays possédant comme la France, des capacités de productions majeures, alors que la production européenne tend à reculer et que la demande européenne fléchit en volume comme en valeur (érosion du marché italien, recours aux importations des pays tiers). Le Sniv résume : « Certes, la demande mondiale s’accroît, mais la France perd ses marchés historiques : sa part dans les échanges intracommunautaires, en valeur ne représente en 2009 que les 2/3 de ce qu’elle était 10 ans plus tôt ». Aussi affirme-t-il que « FranceAgriMer n’y va pas par quatre chemins en pointant “l’inadéquation croissante entre l’offre française majoritairement basée sur des volumes (vifs et viandes) de race à viande et la demande européenne qui ne cesse d’évoluer” ». L’étude souligne l’importance de la réforme de la Pac et des négociations à l’OMC dans l’évolution de ces tendances.

Ne pas perdre des marchés historiques
L’étude conclut sur le fait que les « opérateurs français impliqués dans l’exportation pourraient perdre des volumes, voire des parts de marché sur des marchés historiques, mais aussi l’opportunité de conquérir des marchés jusqu’alors inaccessibles ». Sur ce dernier sujet, la FFCB réclame une simplification des mesures sanitaires. « N’oublions pas que dans le contexte européen, nos concurrents allemands, hollandais sont encore trop souvent plus réactifs, bénéficient trop souvent de coups de pouce “sanitaires” pour prendre des marchés », rappelle Gérard Poyer. Plus concrètement, « il faut très vite obtenir que seuls les animaux expédiés doivent avoir été vaccinés, que les délais soient harmonisés ». Guy Hermouët, vice–président de la FNB, s’était plaint ouvertement, deux semaines plus tôt, de la lenteur du gouvernement à simplifier les barrières réglementaires à l’export. Il dénonçait clairement des pertes de marchés. « Les éleveurs ne voient toujours rien venir, au-delà des déclarations d’intention du gouvernement. L’Etat est inefficace à ce stade, et les industriels restent inertes », expose le communiqué de la FNB du 15 décembre.

Un glissement des échanges du vif vers la viande
L’étude de FranceAgriMer annonce également un « glissement progressif » des échanges de bovins maigres vers la viande. Gérard Poyer réagit immédiatement : « Ne lâchons pas la proie pour l’ombre ; les exportations en vifs valorisent la qualité de nos animaux avec le savoir-faire et les besoins des destinataires. Vouloir substituer à ces échanges de vifs des ventes de carcasses est un risque, voire une gageure, sur un marché autrement concurrentiel. » Il précise cependant que pour les commerçants en bestiaux, « il n’y a pas d’opposition vif/viande […] Le besoin d’adéquation “offre-demande” est une demande légitime tant dans le vivant que pour la viande. » Ce thème revient dans le mémorendum du 5 octobre du SNIV : « L’amélioration de la compétitivité de la filière passe par une meilleure adéquation structurelle de l’offre à la demande ». Tous sont d’accord, en tout cas, pour dire que la filière a un rôle à jouer dans la conquête de ces nouveaux marchés.

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