La publication des comptes de l’agriculture est quelque peu embarrassante pour le gouvernement et sa politique de redistribution des aides vers l’élevage. Non seulement l’année se termine avec un revenu céréalier modeste, inférieur à celui de plusieurs catégories d’éleveurs ; mais encore la révision des données pour 2012 montre que l’écart entre éleveurs et céréaliers n’était pas si grand qu’il paraissait à l’époque. Les 72 000 euros de revenu moyen des grandes cultures se révèlent être plutôt 56 000 euros tandis que les 15 400 euros de revenus des éleveurs de bovins à viande se révèlent être plutôt 21 500 euros. Le rapport entre les deux, qui semblait se rapprocher de 5 n’atteint pas 2,5.
Aux céréaliers qui protestent contre ce curieux biais statistique, le ministre de l’Agriculture répond que sur la moyenne des trois années, l’écart entre les uns et les autres reste très élevé et cela justifie, aux yeux de Stéphane Le Foll, une politique de redistribution.
Aux uns comme aux autres, on peut faire deux remarques : 1. se fier sur deux ou trois années de statistiques pour fonder une politique ou la contester, ce n’est pas vraiment suffisant. Le surplus de revenu céréalier ne date vraiment que de 2007 (à l’exclusion de 2009) et dure jusqu’à 2012. C’est une réalité à l’épreuve de la volatilité des cours ; en second lieu, faire une politique de redistribution se justifie si l’objectif est économique et non simplement social. Autrement dit, les aides supplémentaires affectées à l’élevage se comprennent si elles ont un objectif de production rentable, ce qui augmentera d’ailleurs les débouchés des céréaliers ; d’autre part, ceux-ci doivent bénéficier de niveaux d’aides équivalents à leurs concurrents européens.. Faute de quoi, après avoir perdu pied sur une bonne partie de nos positions en élevage, on risque de subir le même sort en grandes cultures.
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