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Edito Rien ne change

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S'il y a bien décorrélation entre les prix agricoles et les prix alimentaires, savoir vraiment à qui profite le crime entre distributeurs et industriels n'est pas aussi simple.

Seule certitude, en même temps qu'elle est paradoxale, c'est que le consommateur qui sort gagnant de cette situation au fil des années n'en a même pas conscience. C'est ce qui ressort du dernier rapport de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, présenté le 12 avril par son président Philippe Chal-min.

En 2015, la baisse moyenne des prix des matières premières agricoles est ressortie à 2,4% (après un recul de 5,3% en 2014), et même - 15 % dans le lait alors que les produits des industries alimentaires diminuent à nouveau de près de 2%, tandis que les prix à la consommation affichaient une légère hausse de 0,5% en moyenne (après un léger repli en 2014). « Pour tous les produits carnés, le lait et les céréales, la majorité des prix agricoles ne couvrent pas la réalité des coûts de production », rappelle si besoin était le rapport.

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Dommage du coup, qu'il ne donne - pour « des raisons techniques » plaident ses auteurs - les marges nettes de la grande distribution qu'avec un an de décalage (1,2% en 2014), sans parler des données industrielles qui s'arrêtent, elles, à 2013. Pour autant, Philippe Chalmin « imagine implicite-ment » que les marges ont pu se « reconstituer » e aval des productions agricoles. On le croit...

Mais le plus regrettable dans tout ça, tient sans doute au fait qu'il s'agit ici du 5e rapport de l'Observatoire. Pour autant, rien n'a vraiment changé, si ce n'est que la crise s'est encore accentuée !