Un signe, parmi d’autres, devrait plus que tout inquiéter les responsables des organisations agricoles françaises. Selon une enquête réalisée pour les organisateurs du salon allemand AgriTechnica, 55% des agriculteurs d’outre-Rhin disent qu’ils vont investir dans les douze mois à venir ; en France, ils ne sont que 28% à l’annoncer. En Allemagne, les investissements porteraient plus sur les domaines de l’élevage (40%) que sur ceux des cultures (36%). Cette même enquête révèle un pessimisme bien plus répandu en France que chez nos voisins. Les Français seraient même les plus pessimistes parmi les agriculteurs européens.
Il est urgent de redonner du moral aux exploitants français et principalement aux éleveurs. Faute de quoi il y a un risque majeur de décrochage. Quand on n’investit pas, en économie, on recule par rapport à nos concurrents. C’est ce qui se passe, aujourd’hui et il n’est pas sûr que les perspectives d’un G20 agricole plein de promesses ou, en France, de mise en place des contrats leurs donnent beaucoup d’assurances sur l’avenir. La vertu de ces contrats pèse bien peu en regard de ce que les agriculteurs perçoivent, à tort ou à raison comme des risques majeurs (réforme de la Pac, réduction des budgets publics, volatilité des prix). De fait, au-delà d’outils plus ou moins efficaces, c’est un véritable projet avec un souffle nouveau qu’il faut proposer. A quelques mois d’élections politiques importantes, à quelques mois d’une réforme majeurs de la Pac n’est-ce pas justement le moment, toutes forces syndicales confondues, de le concevoir ? Les idées, chez des experts ou des professionnels, ne manquent pas.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.