L’entreprise est toujours entre les mains de la famille fondatrice Ritter, qui investit régulièrement dans l’extension de l’usine, la R & D et les plantations de cacoyers en Amérique centrale. Elle exporte plus d’un tiers de son chiffre d’affaires de 487 millions d’euros en 2017.
L’entreprise est toujours entre les mains de la famille fondatrice Ritter, qui investit régulièrement dans l’extension de l’usine, la R & D et les plantations de cacoyers en Amérique centrale. Elle exporte plus d’un tiers de son chiffre d’affaires de 487 millions d’euros en 2017.
L’Allemagne se positionnera-t-elle comme l’autre pays du chocolat ? La question mérite d’être posée, à voir l’essor pris par Ritter au-delà de ses frontières. Si le pays n’était pas réputé pour son chocolat, à l’inverse de la Suisse, la Belgique ou la France, l’Allemagne est toutefois le premier marché européen avec une population de plus de 80 millions d’habitants et une consommation parmi les plus élevées de 11 kg par an et par habitant. Dans ce pays, c’est un acteur local, Ritter Sport, qui est numéro deux de la tablette de chocolat.
La chocolaterie familiale, créée en 1912, est restée longtemps à l’intérieur de son marché d’origine, mais depuis une quinzaine d’années elle a pris le chemin de l’export. Distribuée dans 104 pays, c’est même devenu la première marque de chocolat importée aux États-Unis. C’est en Europe qu’elle a surtout investi : numéro trois à l’échelle du continent (6,5 % de parts de marché après Nestlé et Lindt), Ritter Sport réalise 15,8 % de ses ventes en Russie, 5,2 % en Italie, 3,1 % en Autriche et seulement 0,3 % en France.
Pour exporter, Ritter Sport compte sur ses propres forces en créant des filiales sur ses marchés clés (Russie, Autriche, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Singapour) ou en s’appuyant sur des distributeurs. L’entreprise 100 % familiale, et qui entend le rester, noue à l’occasion des partenariats : au Danemark, Ritter s’est associé avec le confiseur allemand Katjes pour distribuer ses produits, en France, il compte sur Lutti, une filiale de Katjes. Et en Russie, c’est Ritter qui distribue les fruits secs de Seeberger, une autre ETI allemande familiale.
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Investissements réguliers dans l’unique usine
Tous les produits sont fabriqués sur un seul site, à Waldenbuch, près de Stuttgart. L’usine bénéficie régulièrement d’investissements estimés à au moins 10 millions d’euros chaque année. « À cela s’ajoutent des investissements supplémentaires, comme pour l’extension de notre bâtiment administratif, par exemple, où nous investissons actuellement 15 millions d’euros et dont le début des travaux est prévu pour 2019 », explique Ritter. Pour augmenter ses capacités de production, Ritter a « acquis un terrain additionnel à Waldenbuch » sans pour autant avoir décidé d’un calendrier précis de construction.
L’entreprise investit aussi dans l’amont cacaoyer. En 2012 au Nicaragua, elle a ainsi acquis un domaine, El Cacao, qui a commencé à produire cette année et « d’ici 2022, la récolte aura atteint son plein rendement et couvrira selon nos estimations environ 25 % de notre besoin en cacao », explique Ritter. Actuellement, les coopératives du Nicaragua fournissent environ 1 000 tonnes de cacao par an, ce qui couvre environ 10 à 15 % des besoins de la chocolaterie. Et des projets d’acquisitions d’autres plantations sont dans les cartons. Une façon de sécuriser et de mieux suivre ses approvisionnements pour Ritter, attaché au cacao certifié UTZ ou Fairtraide Cocoa Program, et qui se fournit aussi auprès de son compatriote Fuchs & Hoffmann et du français Cémoi.