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Riz : Strasbourg valide la révision du SPG sans modification

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Bernd Lange prend la parole avant le vote en plénière Crédits : © European Union

Malgré les tentatives de la droite d’amender les seuils de déclenchement de la clause de sauvegarde automatique pour le riz, le Parlement européen a donné son feu vert à la révision du système de préférences généralisées. Un vote qui s’apparente à un revers pour les organisations agricoles.

Les eurodéputés, réunis le 28 avril en séance plénière à Strasbourg, ont donné leur approbation (par 459 voix contre 127 et 70 abstentions) à l’accord provisoire concernant la révision du système de préférences généralisées (SPG). Ce texte, qui permet d’accorder aux pays en développement un accès au marché de l’UE à droit de douane réduit, a été obtenu de haute lutte en décembre après des négociations difficiles. Malgré la pression de certains parlementaires issus de groupes politiques de droite et d’extrême droite (PPE, ECR, Patriotes et ESN), l’hémicycle strasbourgeois n’a pas souhaité amender la clause de sauvegarde automatique pour le secteur du riz dont les seuils de déclenchement sont jugés trop élevés par certains.

Pour répondre aux inquiétudes, plusieurs eurodéputés proposaient notamment d’abaisser ce taux à 20 % d’augmentation des importations sur dix ans glissants, contre 45 % dans le compromis obtenu en décembre. Une demande similaire avait été également formulée par l’Italie (soutenue par la Bulgarie et la Hongrie, puis l’Espagne) à l’occasion de la réunion du Conseil des ministres de l’Agriculture du 30 mars, sans plus de succès auprès du commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen.

Lire aussi : Riz : l’Italie demande aussi à amender la clause de sauvegarde du SPG

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« Il a fallu quatre ans pour trouver un compromis sur ce texte. Nous avons tenu compte des inquiétudes des agriculteurs et mis en place des mesures fortes pour les producteurs de riz », a déclaré le président de la commission du Commerce international, le social-démocrate allemand Bernd Lange, en amont du vote. Et d’avertir : « Si nous initions de nouvelles négociations interinstitutionnelles aujourd’hui, le mécanisme de sauvegarde risque de perdre en clarté ». « On ne peut pas toujours avoir ce qu’on veut » dans un compromis, a-t-il indiqué en référence à une chanson des Rolling Stones.

Préoccupations agricoles

La révision du SPG suscite pourtant des craintes parmi les organisations agricoles. Dans un communiqué publié le 27 avril, le think tank Farm Europe avance que ces taux sont « déconnectés des réalités du marché » ajoutant qu’ils empêchent « une intervention en temps utile dans des situations où une action précoce est essentielle pour éviter des dommages structurels au secteur ». De leur côté, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont rappelé, le 23 avril, que « l’objectif n’est pas de restreindre les échanges, mais de garantir que le secteur rizicole de l’UE puisse continuer à jouer son rôle essentiel dans le maintien de zones rurales dynamiques et la production alimentaire de haute qualité ».

L’accord doit, à présent, être formellement adopté par le Conseil de l’UE. La législation sera ensuite publiée au Journal officiel de l’UE et s’appliquera pour une période de dix ans.