Abonné

Riz : l’Italie demande aussi à amender la clause de sauvegarde du SPG

- - 3 min

Alors que le compromis sur la révision du SPG, obtenu en décembre après de longues négociations, doit être soumis à la plénière du Parlement européen en avril, l’Italie réclame un amendement du texte concernant une clause de sauvegarde automatique pour mieux protéger le secteur du riz. De son côté, Bruxelles se montre réticente et défend l’accord provisoire.

La clause de sauvegarde automatique prévue dans le cadre de la révision du Système de préférences généralisées (SPG) de l’UE, toujours en cours de finalisation, n’en finit plus de susciter la controverse. Après les producteurs européens d’éthanol – ePURE (biocarburants) et iEthanol (industrie et boissons) –, l’Italie a également appelé, le 30 mars à l’occasion de la réunion du Conseil des ministres de l’Agriculture, à amender le texte. Cette fois-ci, c’est la production de riz qui est visée. Les responsables transalpins réclament, en priorité, l’abaissement du seuil de déclenchement des mesures à 20 % d’augmentation des importations sur dix ans glissants, contre 45 % dans le compromis obtenu en décembre. Un point qui a été soutenu par la Bulgarie et la Hongrie, puis l’Espagne lors du débat.

Lire aussi : Éthanol : les producteurs de l’UE demandent des garanties supplémentaires

« Il est évident que la méthodologie de calcul pour l’activation de la clause de sauvegarde automatique ne protège adéquatement ni la chaîne d’approvisionnement du riz européen, déjà en grave crise, ni d’autres produits originaires des pays bénéficiaires du SPG, tels que, par exemple, l’alcool éthylique non dénaturé et le sucre », indique l’Italie dans un document préparé pour l’occasion. Un argumentaire encouragé par le think tank agricole Farm Europe qui appelle, plus largement, à un changement de méthode afin d’« anticiper les risques, comprendre les interactions entre politiques et protéger de manière cohérente les intérêts stratégiques de l’UE ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Christophe Hansen
Suivi
Suivre

D’autres outils possibles

De son côté, la Commission européenne tente d’apaiser la situation. À l’occasion de la réunion des ministres, le commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen, a rappelé qu’au-delà de cette mesure automatique, le secteur du riz peut bénéficier de trois autres outils dans le cadre du SPG : une clause de sauvegarde générale, un mécanisme spécial de surveillance pouvant conduire à une suspension, et des sauvegardes spéciales. En outre, il ajoute que le Cambodge ne sera plus considéré comme un pays moins avancé en 2029. Dès lors, ses préférences ne seront applicables que jusqu’en 2033. À partir de cette date, il précise que seul le Myanmar bénéficiera encore de préférences à droits nuls, réduisant encore l’impact sur les producteurs de l’UE.

Après plusieurs années de négociations et une prorogation du texte, faute de mieux, le Parlement européen et le Conseil de l’UE sont finalement parvenus, le 1er décembre, à un compromis concernant la révision du SPG, dont le vote final par la plénière du Parlement européen est prévu pour le 28 avril.