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Rize veut fluidifier le marché du carbone agricole

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La famille des start-up de l’économie du carbone agricole ne cesse de s’agrandir. A côté du carbone «local» de Terraterre, du carbone «responsable» de Sysfarm, ou encore du carbone «tracé» par Myeasyfarm, Rize a trouvé un nouveau positionnement : la «fluidité». «Historiquement, l’industrie du carbone est une industrie de projet, et nous voulons la faire passer à une industrie de flux», résume le cofondateur de Rize.

Dans une logique de «simplification de parcours», la promesse de la start-up Rize est simple: au lieu d’attendre la clôture de campagnes de recrutement comme celles menées par France Carbon Agri, «les agriculteurs pourront s’engager à n’importe quel moment sur notre plateforme», détaille Étienne Variot, polytechnicien et cofondateur de Rize. Autre gage de fluidité: un péage réduit à l’entrée. Rize facturera le diagnostic initial «quelques centaines d’euros», là où certains de ses concurrents affichent des coûts supérieurs à 1500 €.

Passage par la Station F de Xavier Niel

C’est aux côtés d’un camarade de promotion, Samuel Collin, qu’Étienne Variot a fondé l’entreprise en 2020. Aucun d’entre eux n’a d’expérience dans le monde agricole, mais un parcours au sein de la station F de Xavier Niel a achevé de les convaincre : «sur le carbone, l’agriculture est un sujet plus vierge que le secteur forestier».

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Également passés par les Ponts et chaussées, les deux ingénieurs d’élite misent sur des outils développés en interne. Sur le site de Rize, les agriculteurs peuvent donc réaliser eux-mêmes un pré-diagnostic rapide en 30 minutes environ. S’ils souhaitent ensuite s’engager, le premier bilan doit être confirmé par un second diagnostic plus complet, mené cette fois par les chambres, des coopératives ou des négoces.

Premier dépôt d'un projet en grandes cultures

Rize s’est fait connaître récemment comme la première structure à annoncer le dépôt d’un projet en grandes cultures auprès du ministère de la Transition écologique. Si les outils n’ont pas encore été certifiés officiellement, et que le ministère demandera peut-être des éléments complémentaires, «le dépôt du projet permet le démarrage des projets sur le terrain et la reconnaissance des économies carbone qui en découlent», explique Étienne Variot. Ce premier projet, confie-t-il, concernera une centaine d’agriculteurs «plutôt dans le nord de la France».

La rapidité de la jeune pousse s’explique sans doute par la concurrence, mais aussi par son ambition. «En consolidant en France une offre et des outils pertinents dans le cadre du label bas-carbone, nous espérons lancer des premiers projets au niveau européen dès 2022», confie Etienne Variot. D’ici fin 2022, Bruxelles doit présenter un cadre réglementaire pour la certification des absorptions de carbone.