Abonné

Robots: le français Meropy, pionnier dans le blé

- - 3 min

Dans la famille des petits robots agricoles, on compte des maraîchers, des viticulteurs, des maïsiculteurs, des betteraviers, mais pas encore de producteurs de blé. Culture non sarclée (sans inter-rang) et à faible valeur ajoutée à l’hectare, le blé est jusqu’ici un peu déserté par les roboticiens.

Jusqu’à ce que les deux fondateurs de Meropy prennent le sujet à bras le corps, il y a trois ans, dont les travaux viennent d’aboutir au dépôt d’un brevet (il y a trois semaines). SenTiv, leur robot léger de 10 kg, composé de deux roues légères, de douze pieds chacune, « enjambe sans nuire aux cultures, ni tasser les sols », explique l’un des deux associés, William Guitton.

Contrairement aux robots de Naïo, EcoRobotix ou AgroIntelli, le robot de Meropy n’a pas vocation à désherber, biner ou pulvériser des traitements. C’est un « scooting robot », destiné uniquement à réaliser des observations. Il se place donc en concurrence - ou en complémentarité - avec l’observation par satellite ou par drone.

Une de ses particularités : réaliser des observations en dessus et en dessous des plantes, ce qui permettrait de détecter les maladies fongiques de façon précoce. À raison de 20 ha parcourus par jour, Meropy estime qu’un robot Sentiv peut monitorer 100 à 200ha. La start-up promet 100 à 150 euros d’économie par ha à condition d’avoir investi dans des outils de modulation (engrais, phytos, semences)
 
 
Le chiffrage reste théorique. D’abord parce que la start-up en est encore au stade du prototype, les ventes des premières versions bêta ne sont pas attendues avant fin 2020.Et parce qu’elle continue de développer la partie analyse d’image, qui est considérée par beaucoup d’investisseurs comme le cœur de la valeur sur ce marché. « Nous avons validé la pertinence technique du robot, il faut désormais valider la partie agronomique », explique William Guitton.

Pour ce faire, les deux associés ne savent pas encore s’ils développeront l’intégralité de cette technologie en interne, ou s’ils feront appel à des sociétés existantes. Bosch, Carbon Bee ou Dilepix sont avancées dans la reconnaissance automatique de bioagresseurs.

Plus largement, la suite de la vie de la start-up, officiellement créée en septembre et jusqu’ici financée largement en fonds propres, est très ouverte. « Nous sommes à la recherche de partenaires industriels pour financer notre développement, mais cela peut aussi être une levée de fonds classique », annonce William Guitton

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.