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Vins et politique santé Roselyne Bachelot confirme sa volonté d'autoriser la publicité sur Internet

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La ministre de la Santé promet de modifier la loi Evin pour autoriser la publicité pour l'alcool sur Internet. La filière viticole se réjouit, mais reste vigilante jusqu'à l'amendement. Les associations anti-alcool s'inquiètent.

Dans une interview parue le 26 octobre sur le site lefigaro.fr, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, confirmant ses déclarations du 7 octobre, a annoncé qu'elle ne s'opposerait pas « à un amendement parlementaire » actualisant la loi Evin « en autorisant la publicité sur Internet » pour l'alcool. L'hiver dernier, à la suite de plaintes déposées par l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa), les journaux Le Parisien et Les Echos avaient été condamnés pour des articles sur des boissons alcoolisées (champagne et vins) Voir Agra Presse Hebdo n° 3141 du 18/02/2008. Depuis, la filière viticole réclame, par la voix de l'association Vin & Société, l'aménagement de la loi Evin de 1991 « dans le respect de l'encadrement du Code de santé publique », afin de remédier « à l'absence d'une reconnaissance claire d'Internet en tant que média à part entière » et « à l'absence d'une définition claire de la publicité ».

Internet, un besoin vital pour les petits opérateurs

C'est donc en bonne voie ! « Tant mieux », répond Vin & Société, « pour beaucoup de petits opérateurs, c'est devenu un moyen vital pour faire connaître leurs produits », et ce vide juridique « est préjudiciable à tous les professionnels du vin et de l'information ». Les associations anti-alcool, pour qui la ministre fait « fausse route », craignent que ces mesures n'incitent les jeunes à la consommation d'alcool. Elles souhaitent que la publicité ne soit autorisée que sur les sites de producteurs et de distributeurs, soulignant que, de toute façon, les jeunes « ne se limitent pas à surfer sur des sites qui leur seraient réservés ». Mme Bachelot leur promet « un comité de suivi qui veillera au respect de la loi et s'assurera de l'absence de tout contournement ».

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« La consommation de vin ne concerne pratiquement pas les jeunes »

La ministre, qui veut éviter les « effets pervers » de la situation actuelle, comme l'hébergement de sites à l'étranger, estime que ces mesures sont le meilleur compromis « entre la liberté du commerce à l'heure d'internet et les impératifs non négociables de santé publique ». Pour sa part Vin & société considère que la consommation de vin en France est « qualitative et ne concerne pratiquement pas les jeunes ». L'association souligne qu'en 25 ans, elle a été divisée par deux, et que d'autre part, par le passé, « la filière vitivinicole a fait la preuve de son engagement citoyen, en défendant une consommation plaisir et responsable, conforme aux repères de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé) ». Autrement dit, la filière viticole ne serait pas responsable des problèmes d'addiction alcoolique en France, et encore moins de la surconsommation des jeunes.