C’est un véritable « discours fondateur » que les professionnels de l’agriculture attendaient du Président de la République le 11 septembre au Space. Date fatidique, le précédent grand discours agricole d’un président de la République au salon de l’élevage de Rennes, celui de Jacques Chirac évidemment, ayant eu lieu… 11 septembre 2001. Pour cause d’attentat majeur, ses propos n’avaient été que peu entendus bien que le Président y encourageât les agriculteurs à prendre conscience des réalités écologiques.
Aujourd’hui, tout semble suspendu, à entendre Michel Barnier et bien d’autres, à l’orientation générale que donnera Nicolas Sarkozy. Il s’agit de prendre des options sur l’environnement, sur les prix agricoles au regard de l’inflation, sur l’organisation des marchés, sur les systèmes d’assurance, sur l’usage des biotechnologies dont les OGM, sur les propositions que l’on fera à Bruxelles sur la Pac, etc.
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C’est dire la responsabilité de Nicolas Sarkozy dans l’avenir agricole du pays, alors même que sa voie est étroite. Y aura-t-il une « rupture », comme il s’est plu à l’annoncer dans d’autres domaines ? Rien n’est moins sûr et la majorité des intéressés n’y tiennent sans doute pas. À moins que la rupture envisagée soit de revenir à cette « Pac requalifiée » selon le terme de Michel Barnier. Avec une préférence communautaire fondée non plus sur la sécurité quantitative mais sur la garantie de qualité et de respect écologique ; avec des organisations de marché non plus pour soutenir les prix mais pour réguler les risques d’inflation. C’est en quelque sorte une Pac d’hier mais avec des arguments d’aujourd’hui. Reste à savoir si nos partenaires européens seront séduits.