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Les émeutes de jeunes de banlieues sont dans toutes les têtes. Les images diffusées naguère par les médias ont montré l’ampleur du mal-être de jeunes sous la pression du chômage, principalement. Mais il y a un mal plus insidieux, qui ne donnera sans doute jamais lieu à des violences et des manifestations. C’est celui des jeunes ruraux. L’enquête que vient de réaliser le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) est inquiétante. Elle révèle qu’en dépit de situations objectivement plus satisfaisantes qu’en ville (logement, qualité de vie), les jeunes ruraux se sentent sur une autre planète. L’idée qu’ils se font d’eux-mêmes, leurs loisirs, leurs relations avec le reste de la société… tout leur donne l’impression de vivre sur une autre planète. Qu’ils soient fils ou filles d’agriculteurs, d’artisans, ou de toute autre profession, il y a comme un sentiment de décalage, entre la modernité et eux.
Le fait est inquiétant, principalement pour le monde agricole lui-même. Celui-ci a besoin de se renouveler. C’est au sein de la population des jeunes ruraux qu’il trouvera ses générations futures. Or, s’ils sont mal à l’aise dans cet univers, les jeunes ne choisiront pas ce métier. Jadis, la vie citadine offrait moultes emplois et un jeune rural qui voulait changer de vie trouvait de quoi l’employer dans les grandes villes.
Aujourd’hui ce n’est plus le cas. La grande ville n’est plus pourvoyeuse d’emplois. Ou beaucoup moins qu’avant. C’est alors l’impasse. La seule solution est de retrouver un dynamisme fort dans les zones rurales elles-mêmes. Les agriculteurs et l’industrie agroalimentaire ont un rôle à jouer dans cet objectif. Forcément, puisqu’ils ont tout à y gagner.
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