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Sabi Agri étend sa gamme de tracteurs électriques vers des robots autonomes

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Alexandre et Laure Prevault Osmani, les fondateurs de Sabi Agri Crédits : © Savi Agri

Pionnier des tracteurs électriques polyvalents, Sabi Agri vient de lever 8 millions d’euros pour mener à bien le déploiement de robots électriques autonomes, qui seront utilisés dans un premier temps dans les vignes et ensuite en grandes cultures.

Fondée il y a cinq ans, Sabi Agri société pionnière des agroéquipements électriques polyvalents dénote parmi les mastodontes du secteur. « Toute la démarche de Sabi Agri, par rapport aux gros fabricants mondiaux d’engins agricoles a été de démarrer de zéro et non pas d’un tracteur traditionnel existant », raconte Laure Prévault Osmani, directrice générale et co-fondatrice de Sabi Agri avec son époux Alexandre. Apporter de l’électricité sur de grosses machines est assez compliqué et déplacer un tracteur de plusieurs tonnes est assez énergivore et donc couteux en termes de batterie. « Nous nous sommes donc affranchis de la logique thermique, en partant de la force de l’électrique que nous mettons notamment dans les roues et non pas dans un moteur à l’avant des tracteurs. Nos tracteurs électriques sont beaucoup plus légers, autour de 2 tonnes pour un engin utilisé en viticulture, contre 5 tonnes pour l’équivalent thermique par exemple. Nous sommes dans une logique agroécologique avec des tracteurs plus légers, sur lesquels nous apportons la juste puissance, sans peser sur les sols », explique la cofondatrice.

La société ne s’estime pas en concurrence frontale avec les fabricants de tracteurs thermiques occupés à fabriquer des machines de plus en plus puissantes. « Nous nous positionnons sur le marché de la petite puissance. Un marché qui représente quelques 30 000 machines en France et environ 150 000 en Europe. Un marché assez large sur lequel nous pouvons nous épanouir ».

Faire avancer les normes européennes

Pour déployer sa stratégie de développement vers des tracteurs autonomes, la société familiale vient de boucler un financement de série A d’un montant de 8 millions d’euros auprès de ses investisseurs historiques, Ui Investissement (via les Sasu Jeremie Innovation2 et Cap’PME2) et Crédit Agricole Centre France (via CACF Développement) et accueille un nouveau partenaire, la société d’investissement Cita, détenue par Bpifrance et KIA (Kuwait Investment Authority). « Les fonds vont être utilisés à la robotisation de nos tracteurs. Des robots tous terrains qui opèreront d’abord pour la viticulture, puis en grandes cultures. Ces machines polyvalentes donc plus facile à rentabiliser pourront travailler de manière autonome dans les champs, pour préparer les sols, passer les griffes, biner, entretenir les allées… comme le ferait un tracteur traditionnel », détaille Laure Prévault Osmani.

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Afin de coller à la législation qui n’autorise pas encore la conduite autonome des engins sans la surveillance visuelle de l’homme, les tracteurs autonomes de Sabi Agri seront en fonction sur une parcelle, en même temps que l’agriculteur sur son propre engin travaillera à autre chose. « Deux compagnons complémentaires qui au final augmenteront le débit du chantier ». Sabi Agri travaille à l’évolution des normes européennes sur le sujet avec RobAgri. Avant d’imaginer un tracteur autonome sur la route pour rejoindre un champs, « une première étape réaliste serait d’obtenir le feu vert européen d’ici 4 à 5 ans pour que le tracteur autonome puisse se déplacer sans surveillance dans un espace clos », souligne encore la cofondatrice.

Lauréat il y a un an du prix européen EIC dans le cadre du plan H2020, Sabi Agri a reçu une subvention de 2,5 millions d’euros. « Ce prix nous permet non seulement d’accélérer notre développement, mais donne aussi de la visibilité à l’entreprise, une réassurance sur la direction stratégique que nous avons choisie ». La société qui a déjà déposé 6 brevets, va bientôt en ajouter 3 sur de nouvelles innovations. Sabi Agri compte 25 collaborateurs, dont une dizaine de personnes sur la R&D.