La consommation alimentaire est bien au ralenti depuis le printemps et Serge Papin, qui parle de « baisse sans précédent », est le premier distributeur à tirer la sonnette d’alarme : la nourriture devient une variable d’ajustement quand le climat général est anxiogène. La pseudo détente sur les prix des matières premières et du pétrole ne doit pas faire illusion. On ne reviendra pas aux niveaux d’avant 2007 et les associations de consommateurs sont bien trop promptes à réclamer des répercussions à la baisse ; la concurrence et ses nouvelles règles du jeu seront par elles-mêmes déflationnistes et le risque est plutôt pour l’emploi et la santé des entreprises, asphyxiées qu’elles sont depuis des mois comme le montrent, à quelques exceptions près, les premières publications de résultats semestriels. Les politiques de dérégulation n’ont pas d’effet dopant pour la croissance comme on l’escomptait en haut lieu : celle qu’a menée Bruxelles sans discontinuer en vue d’un accord finalement impossible à l’OMC et celle que la DGCCRF impose à la filière lait, par exemple, ne réussissent qu’à jeter la zizanie depuis qu’Entremont s’est écarté de la ligne fixée par les producteurs pour faire évoluer le prix du lait. A ce sujet, les comportements vont sans doute diverger entre secteur privé et Coopération agricole même si l’un et l’autre ont à peu près les mêmes défis à relever. Dans la viande en tout cas, l’évènement de l’été (et de la décennie) que constitue le mariage Bigard/Socopa montre que la ligne de partage n’a plus lieu d’être : un géant français est enfin né dans ce secteur difficile mais en sacrifiant l’engagement tant vanté des intérêts agricoles dans l’aval…

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