L’affaire est entendue : qu’il s’agisse de la réforme de la Pac, des nouvelles demandes des consommateurs, de la mondialisation des marchés et des nouvelles contraintes intégrant l’environnement ou le bien-être animal, être exploitant agricole sera tout différent de ce que cela a été par le passé. Les agriculteurs devront travailler en commun, revoir l’utilisation actuelle de l’agrofourniture, travailler sur des modèles d’entreprises et non plus familiaux, peaufiner leur marge brute plutôt que la chasse à la prime produit, être en mesure de supporter des aléas de revenus bien plus grands encore qu’aujourd’hui, mettre en œuvre des projets en matière de développement rural, etc.
Autant de conditions qui nécessitent de la part de leur environnement, organisations professionnelles agricoles (OPA), syndicats et pouvoirs publics, une forte adaptation. Deux questions se posent à cet égard. Ces organisations sont-elles en mesure, aujourd’hui, de faire preuve de suffisamment d’audace sans craindre de déplaire, tant pour inventer des outils nouveaux que pour les faire accepter ? Si l’on en juge par le sort réservé à l’assurance récolte, dont l’application en 2005 sera bien en deça de ce qui était envisagé, la réponse paraît plutôt négative.
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Deuxième question : les OPA et les services du ministère sont-ils bien en mesure de se colleter aux exigences nouvelles liées au 2e pilier de la Pac, celui qui vient en aide au développement rural ? Savent-ils travailler sur une « logique de projets », aider les exploitants à monter des dossiers qui tiennent la route ?
De la réponse à ces deux questions dépendra largement notre capacité à prendre le tournant de la nouvelle Pac. Si les paysans doivent aujourd’hui se préparer, n’est-ce pas tout autant le cas des organisations agricoles ?