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Stratégie Saint Jean cherche à acheter une société dans le traiteur

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Connu pour ses ravioles, quenelles et pâtes fraiches, Saint Jean (groupe Sabeton) est en quête d’une opération de croissance externe dans le traiteur. Les dirigeants se sont fixés pour objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de 85 millions d’euros à l’horizon 2020 hors acquisition, après 64 millions d’euros prévu en 2016.  

« Le groupe Saint Jean est en phase avec les grandes lignes de son plan à l’horizon 2020 », a indiqué Guillaume Blanloeil, directeur général de Saint Jean, à l’occasion d’une conférence de presse. Les dirigeants se sont fixés pour objectif d'avoir atteint à cette date un chiffre d’affaires de 85 millions d’euros, uniquement par croissance interne. Saint Jean est à l’affût d’une acquisition. Et faute de trouver une société à racheter dans les ravioles ou dans les quenelles, « où il n’y a rien à vendre », selon Guillaume Blanloeil, le groupe cherche plutôt « dans le traiteur, du côté des produits régionaux ». Un segment de marché sur lequel la société a démarré son développement en 2010 et où elle enregistre un bon niveau de croissance.

Saint Jean qui autofinance son développement, dispose d’une bonne réserve de cash. Si une opportunité se présente, « nous pourrions mettre plus de 30 millions d’euros en cash sur la table et avec les effets de levier monter à plus de 100 millions d‘euros », estime Guillaume Blanloeil. Ce dernier qui a déjà examiné quelques dossiers de reprise, précise ne pas être « dans une course au chiffre d’affaires". A noter qu’en deux ans, le groupe a procédé à 17 millions d’euros d’investissements industriels dans l’agrandissement de deux usines.  

Côté ouverture de boutiques Saint Jean, le groupe a levé le pied. « Nous souhaitons toujours les développer. Mais les points de vente sont aussi des questions d’opportunités », rappelle le responsable, avant de préciser que l’ouverture prévue à  Lyon « ne se fera pas ».

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Cette année, le numéro un des ravioles prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 64 millions d’euros, en hausse de 11 % par rapport à 2015. Le groupe détient deux marques phares : Royans (qui vient de faire l’objet d’un changement d’identité) pour la restauration et Saint Jean pour le grand public. Ses ventes se partagent à 69 % dans la grande distribution, dont 48 % pour Saint Jean et le reste à marque distributeur, 27 % en restauration et le solde (4 % ) auprès de clients industriels (LDC et client dans le bio notamment). Aujourd’hui, le bio représente 12 % des ventes et l’export 2 % tous types de marchés confondus, seulement dans les pays limitrophes (sauf l’Italie) mais aussi aux USA, au Canada et un peu en Asie. « L’export est un axe sur lequel il faut mettre des moyens » a souligné Guillaume Blanloeil.

Le groupe est assez dépendant des matières premières, qui « prennent 2 % par an tout confondu depuis 2002 », selon Guillaume Blanloeil et notamment du comté qui enregistre, lui, « des hausses de 4 % par an ». Saint Jean qui en achète plus de 1000 tonnes par an est le plus gros acheteur après la GMS. « Le véritable enjeu, c’est d’être capable d’anticiper ces hausses et d’avoir une politique qui permette de maintenir le niveau de marge ». Il est clair qu’une hausse de 35% dans les œufs ne sera pas sans conséquence sur l’activité quenelles du groupe. « Il faut que les bonnes années permettent de compenser les mauvaises qui ne manqueront pas d’arriver », complète le dirigeant. 

L'actionnariat salarié remis à plus tard

Le projet de développement de l’actionnariat salarié qui est aussi parmi les objectifs des dirigeants de Saint Jean, a quant à lui été remis à plus tard. Convaincu du bien-fondé d’une telle démarche qui est « un vrai moyen de motiver les salariés sur la durée surtout quand on a des croissances fortes et de les fidéliser », Guillaume Blanloeil, rappelle que « toutes les études montrent que les sociétés avec un actionnariat salarié très développé sont plus performantes que les autres ». L’entreprise n’est cependant pas prête à le faire à n’importe quel prix. Or, mi-octobre, les députés sont revenus sur le projet de la loi Macron qui assouplissait le régime fiscal applicable aux attributions d’actions gratuites. Selon l’amendement adopté, la quote-part payée par l’entreprise repasserait de 20 à 30 % et la plus-value serait quasiment assimilée à du salaire. Claude Gros détient toujours 68 % du capital de Sabeton, le holding de tête de Saint Jean, et le solde est en Bourse, dont 15 % sont entre les mains d’un fonds américain. Bien que le flottant soit donc assez réduit, « il n’existe aucun projet de retrait de la cote », confirme le dirigeant.