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Sucre Saint Louis Sucre satisfait de ses résultats en 2003-2004

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Saint Louis Sucre se félicite de ses performances économiques en 2003-04, obtenues en dépit d’un contexte défavorable. Pour le nouvel exercice, il s’attend à une légère baisse de résultats car certains facteurs négatifs perdurent, notamment la pression sur les prix de vente et le coût de l’énergie. A propos de la réforme de l’OCM, le président du groupe, Frédéric Rostand, juge indispensable le maintien de la maîtrise de l’offre et de la préférence communautaire.

Le deuxième groupe sucrier français, Saint Louis Sucre, filiale de l’allemand Südzucker, a dégagé au cours de l’exercice 2003-04, clos le 29 février dernier, un bénéfice net consolidé part du groupe de 112,8 millions d’euros. Bien qu’en retrait de 15 %, ce résultat demeure à « un niveau très élevé» pour une année marquée par des « vents contraires assez forts », fait valoir le président Frédéric Rostand. Et d’évoquer les baisses du cours mondial en 2003 et du dollar ainsi que le renchérissement du prix de l’énergie, troisième poste de dépenses de cette industrie.

Ces facteurs ont été compensés par l’intégration de 67 000 tonnes de quotas repris pour 70 millions d’euros, après la cession de Béghin-Say. De plus, pour avoir été décevante en volumes pour cause de canicule, la campagne 2003 s’est révélée bonne par la richesse élevée en sucre. Enfin, la performance économique et financière du groupe reflète, selon son dirigeant, les bons fondamentaux du groupe, et notamment la productivité de ses usines au nombre de cinq aujourd’hui en France, après la fermeture en janvier dernier de l’atelier de cristallisation de Marle, dans l’Aisne.

Un virage

Le chiffre d’affaires du groupe a subi un léger effritement à 894,3 millions d’euros, dont 61 % ont été enregistrés en France, 17 % dans les autres pays de l’Union européenne et le reste dans les pays tiers. Sur un total de 1,055 million de tonnes vendues (y compris l’activité de la raffinerie de Marseille), 138 000 tonnes l’ont été à la grande distribution et 321 000 tonnes à l’industrie en France, 187 300 tonnes dans l’Union européenne et 409 100 tonnes à l’exportation vers les pays tiers, un volume « en baisse notable ».

Saint Louis Sucre se prévaut de la place de premier exportateur mondial de sucre en morceaux, notamment vers l’Afrique de l’Ouest, grâce à la notoriété de sa marque, souligne-t-on. Dans l’Hexagone, le groupe revendique, avec 35,4 % des ventes en valeur, la position de numéro un dans la grande distribution, hors maxidiscompte, dont il est absent. Dans la restauration hors domicile, l’année a été rendue plus difficile avec l’arrivée de Sucre-Union, qui s’est traduite par une petite érosion des marges.

L’entreprise, plutôt tournée vers l’agriculture et la performance industrielle, a entamé un virage : la satisfaction des besoins de sa clientèle est devenu « un axe culturel », souligne Frédéric Rostand, ajoutant que l’innovation est un point majeur. Bon an mal an, le groupe injecte une trentaine de millions d’euros dans son dispositif industriel, en vue d’améliorer la qualité, la sûreté sur ses sites et la protection de l’environnement.

Contrat de progrès

A l’amont, le groupe a renforcé ses liens avec ses planteurs, conformément aux promesses faites par Südzucker en 2001. Actuellement, plus de 1 880 d’entre eux, soit 26,85 % de l’ensemble, sont devenus actionnaires du groupe avec moins de 1 % du capital. La démarche a été couplée avec un contrat de progrès facultatif qui promeut la mise en œuvre de meilleures pratiques agricoles.

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A propos des participations détenues par le groupe, Frédéric Rostand a justifié le désengagement de Saint Louis Sucre dans l’espagnol Ebro Puleva dont il détenait 14 %, par le souhait d’avoir la « pleine maîtrise des investissements» et l’absence de perspective d’une montée en puissance. La cession a été réalisée pour 190 millions d’euros.

En revanche, le président s’est félicité de l’issue de la procédure judiciaire engagée contre l’Etat polonais et qui a abouti à l’acquisition de 95 % du holding sucrier de Silésie (280 000 tonnes de quota) pour un montant de 170 millions d’euros, acquisition et financements de la filiale confondus. La restructuration de l’ensemble est en cours, la fermeture de trois usines sur douze étant déjà effective.

A l’approche de l’élargissement, les filiales en Europe centrale ont souffert de prix déprimés, mais ceux-ci se redressent, permettant au groupe d’en attendre des retours financiers, précise-t-on. Parmi les dix nouveaux adhérents à l’Union européenne, sept sont producteurs de sucre, qui ont été pourvus de quotas correspondant à leurs consommations nationales. Frédéric Rostand en conclut que les effets de l’adhésion sur l’équilibre des marchés seront limités.

Pour l’exercice 2004-05, le président de Saint Louis Sucre table sur une légère baisse des résultats compte tenu de la poursuite de certains éléments négatifs, comme la baisse des prix ou l’évolution du coût de l’énergie. Pour autant, ajoute-t-il, le groupe continue d’enregistrer des gains de productivité et d’améliorer son efficacité.

Le deuxième sucrier français 894,3 millions d’euros de chiffre d’affaires, 112,8 millions de résultat net consolidé part du groupe. 1 570 salariés dans 5 sucreries, 1 raffinerie, 1 distillerie et 3 ateliers de conditionnement.  25,8 millions d’euros investis en 2003. 1,05 million de tonnes de sucre commercialisé dont 913 900 tonnes de sucre du quota et 141 500 tonnes hors quota.